Cannes 2025 : Jennifer Lawrence explore la dépression dans "Die, My Love" de Lynne Ramsay
Ce samedi soir, la cinéaste britannique était de retour à Cannes, huit ans après "You Were Never Really Here", avec un drame psychologique intense, porté par Jennifer Lawrence et Robert Pattinson.

- Publié le 17-05-2025 à 22h45
- Mis à jour le 18-05-2025 à 14h20

Ce samedi soir, c'est la troisième fois que Lynne Ramsay tentait de décrocher une Palme d'or, avec Die, My Love, dévoilé en Compétition du 78e Festival de Cannes. Muette depuis A Beautiful Day (You Were Never Really Here), qui lui avait valu le prix du scénario ainsi que le prix d'interprétation à Joaquin Phoenix sur la Croisette en 2017, la cinéaste britannique adapte ici le roman Crève, mon amour, publié en 2017 par l'Argentine Ariana Harwicz et paru en français au Seuil en 2020.
Venus de New York, Grace (Jennifer Lawrence) et Jackson (Robert Pattinson) s'installent dans l'ancienne maison de l'oncle du jeune homme, au fin fond du Montana. Fou amoureux, le couple a rapidement un bébé, dont Grace s'occupe avec soin. Mais elle est vite rattrapée par la dépression post-partum. Alors qu'elle rêvait d'écrire "un grand roman américain", la jeune femme ne parvient plus à écrire, s'ennuie dans ce bled paumé, passant ses journées à attendre le retour de Jackson et à regretter sa vie agitée d'avant. Surtout, elle ne supporte plus que son compagnon ne la touche plus, ne la désire plus depuis la naissance de leur enfant… Malgré la gentillesse de ses beaux-parents (Sissy Spacek et Nick Nolte) et les attentions de son homme, Grace ne va pas mieux. Elle s'enfonce au contraire dans une forme de psychose…
La dépression de l'intérieur
Avec Die, My Baby, Lynne Ramsay revient à ses thèmes : l'enfance perturbée, les parents traumatisants, qu'elle abordait de façon magistrale dans We Need to Talk about Kevin (sa première entrée dans la compétition cannoise en 2011). Elle le fait ici de manière plus psychologique, pour ne pas dire psychanalytique.
Sur le site du Festival de Cannes, en lieu et place du traditionnel résumé du film, Lynne Ramsay a simplement inscrit "Amour Folie Folie Amour". Le programme est clair. Optant comme toujours pour une mise en scène viscérale, la Britannique va nous raconter la descente aux enfers de son héroïne, et ce de l'intérieur de sa psychose. Ainsi, n'est-on jamais certain de ce qui est réel et de ce qui tient de ses fantasmes, de ses cauchemars, de ses hallucinations. Le tout dans une atmosphère sonore écrasante : chansons omniprésentes, pleurs du bébé, aboiements incessants du chien qu'a la mauvaise idée de ramener le père… Lynne Ramsay en fait parfois un peu beaucoup, mais elle parvient à déstabiliser le spectateur pour lui faire vivre une expérience de la dépression.

Jennifer Lawrence déglamourisée
Produit par Martin Scorsese, Die, My Baby repose en grande partie sur les épaules de Jennifer Lawrence. Également productrice du film, la star signe une prestation très engagée pour se mettre dans la peau de cette femme qui finit par perdre le contact avec le réel. Une prestation qui rappelle un peu celle qu'elle livrait dans Mother de Darren Aronofsky. Animale (parfois au sens littéral du terme, quand Grace joue les chiennes ou les lionnes), totalement désinhibée, l'actrice de 34 ans se donne corps et âme à ce personnage, loin de son image glamour. Face à elle, Robert Pattinson paraît plus sage, dans le rôle d'un homme qui ne peut pas grand-chose pour venir en aide à la femme qu'il aime…
Cinéaste rare, qui prend son temps entre chaque film, Lynne Ramsay a cependant déjà tourné son prochain film, Polaris, avec Joaquin Phoenix et Rooney Mara, prévu également cette année. Tandis qu'elle travaille déjà sur le suivant, Stone Mattress, avec Julianne Moore et Sandra Oh.
Die, My Love Romance folle De Lynne Ramsay Scénario Lynne Ramsay, Enda Walsh et Alice Birch (d'après le roman Crève, mon amour d'Ariana Harwicz) Photographie Seamus McGarvey Montage Toni Froschhammer Avec Jennifer Lawrence, Robert Pattinson, Sissy Spack, Lakeith Stanfield, Nick Nolte… Durée 1h58