Aux États-Unis, on compte encore environ 100 000 chevaux sauvages, symboles vivants du Far-West éternel et de ses grands espaces. Sauf qu’avec la privatisation des terres, leur habitat naturel se réduit. Pour contrôler les populations, ces mustangs sont régulièrement chassés et capturés par les autorités. Dans plusieurs États, des programmes de réhabilitation en milieu carcéral ont été mis en place, dans lesquels les détenus sont chargés de dompter les chevaux sauvages, qui seront ensuite vendus aux enchères. 

Condamné à une longue peine, Roman Coleman débarque dans un pénitencier du Nevada et se voit inscrit par la psychologue de l’établissement (Connie Britton) à l’un de ces programmes. Sous la houlette d’un vieux cow-boy au grand cœur (Bruce Dern), cet homme dur et renfermé, plus à l’aise à l’isolement qu’en cellule, va commencer, au contact des chevaux, à dompter sa colère…


Relecture du mythe fondateur américain

Fille du producteur et directeur d’Unifrance Antoine de Clermont-Tonnerre, Laure de Clermont-Tonnerre a commencé sa carrière comme actrice - on a pu la voir dans Le Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel ou Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec de Luc Besson -, avant de passer à la réalisation. Pour son premier long, la jeune femme a trouvé un sujet magnifique, où elle peut laisser libre cours à sa fascination pour le cinéma américain.

Avec The Mustang, elle relit en effet le mythe fondateur des États-Unis, ce Far-West sauvage, cette soif de liberté représentée par ces paysages grandioses, dans lesquels chevauchent de splendides pur-sang… C’est l’image d’ouverture de son film. Sauf que, rapidement, la bande-son est saturée par les bruits d’un hélicoptère. La chasse est lancée ! Et les chevaux sont enfermés. Comme le héros, campé par un Matthias Schoenaerts presque trop à l’aise dans ce nouveau rôle de gros dur fragile.

Durant tout le film, la cinéaste filera évidemment cette métaphore, filmant en parallèle l’homme et son cheval, qui vont devoir apprendre à se connaître, à se faire confiance, à s’apprivoiser. Mais la rencontre a ceci de cruel que c’est à un prisonnier que l’on demande de priver un animal de sa liberté… Pourtant, ce programme fonctionne et permet de faire chuter les taux de récidives chez ses participants.

Malgré quelques facilités scénaristiques, The Mustang réussit à soulever cette profonde contradiction américaine, ce pays qui se prétend celui de la liberté (le fameux "Land of the Free and Home fo the Brave" de son hymne national) et qui met en prison quasi 1 % de sa population. Soit environ 2,2 millions de personnes…

The Mustang Drame carcéral De Laure de Clermont-Tonnerre Scénario Laure de Clermont-Tonnerre, Mona Fastvold & Brock Norman Photographie Ruben Impens Musique Laure de Clermont-Tonnerre Avec Matthias Schoenaerts, Jason Mitchell, Bruce Dern, Connie Britton, Gideon Adlon… Durée 1h36.