Les politiciens français condamnent l'incendie du siège de Charlie Hebdo
La rédaction du journal satirique français Charlie Hebdo, qui publie ce mercredi un numéro spécial rebaptisé "Charia hebdo" avec à la Une une caricature de Mahomet hilare, a été détruite dans la nuit de mardi à mercredi par un incendie criminel.
- Publié le 02-11-2011 à 11h48
- Mis à jour le 02-11-2011 à 13h18

La rédaction du journal satirique français Charlie Hebdo, qui publie ce mercredi un numéro spécial rebaptisé "Charia hebdo" avec à la Une une caricature de Mahomet hilare, a été détruite dans la nuit de mardi à mercredi par un incendie criminel.
Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, a "condamné fermement" cet acte s'il est criminel.
Le gouvernement et la classe politique de gauche à droite se sont indignés. Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, a condamné cet acte, sur les antennes de Europe 1 : "Il est nécessaire que tous autant que nous sommes, quelles que soient nos sensibilités, nous condamnions avec la plus grande force ce qui n'est rien d'autre qu'un attentat contre un journal dans un pays qui doit incarner la liberté d'expression. Je le condamne avec la plus grande force [...] Il n'y a pas d'impunité, c'est un acte qui doit donner lieu à des poursuites judiciaires. Les amalgames entre la religion et la politique sont les pires qui soient. Si c'est avéré, cet acte rappelle ceux qui peuvent être commis par des fondamentalistes qui instrumentalisent la religion à des fins politiques." "Ceux qui ont fait ça se désignent eux-mêmes comme des ennemis de la démocratie", a réagi la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet sur la radio France Info. "C'est tout à fait répugnant", a réagi Jean-Luc Mélenchon, candidat la présidentielle de 2012 situé à la gauche de la gauche.
Bertrand Delanoë, maire socialiste de Paris, a "condamné avec la plus grande fermeté un acte violent contre la liberté d'expression". Il s'est dit prêt à aider Charlie Hebdo à trouver des locaux après l'incendie criminel de cette nuit.
Christine Boutin, présidente du Parti chrétien-démocrate et candidate à la présidentielle, n'a pas dit autre chose: ""Je condamne bien sûr, vous savez que l'église catholique a eu aussi son site qui a été piraté pendant le week-end ?" Cet acte "manifeste un symptôme de violence. La liberté de la presse et d'expression sont importantes pour notre pays. Nous sommes un état laïc, toutes les religions et les croyances ont la possibilité d'exister."
Xavier Bertrand, ministre du Travail et de la Santé, s'est dit "profondément choqué [...] parce qu'un journal ce n'est pas une activité comme les autres, c'est la liberté d'expression. Heureusement que la liberté d'expression dans un pays comme le nôtre est garantie et protégée contre tous les excès et contre tous les arbitraires."
Enfin, le Premier ministre français, François Fillon, a fait part de son "indignation" et demandé que "toute la lumière soit faite" après l'incendie du siège de l'hebdomadaire satirique Charlie hebdo qui publie mercredi un numéro rebaptisé "Charia hebdo" avec en Une une caricature de Mahomet.
"La liberté d'expression est une valeur inaliénable de notre démocratie et toute atteinte à la liberté de la presse doit être condamnée avec la plus grande fermeté. Aucune cause ne saurait justifier une action violente", affirme M. Fillon dans un communiqué.
Dès 14h30, vos questions à Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone chez Amnesty International
