Union sacrée pour une première vague Boesmans
Plusieurs institutions collaborent pour rendre hommage au compositeur belge.
- Publié le 05-02-2026 à 19h14

Disparu le 10 avril 2022, Philippe Boesmans a laissé un souvenir vif et marquant auprès d'un cercle assez large d'amis et d'admirateurs. Avec plusieurs institutions musicales qui ont souvent programmé sa musique, ils unissent leurs forces aujourd'hui pour organiser un premier festival/hommage à quelques semaines du nonantième anniversaire de sa naissance à Tongres, le 17 mai 1936. Une Boesmans Wave, en anglais dans le texte comme il se doit pour ce pur Belge, né Flamand, ayant fait l'essentiel de son parcours professionnel dans les institutions de la Communauté française et établi à Bruxelles.
Tous étaient réunis jeudi matin dans le Grand Foyer de la Monnaie, théâtre où furent donnés tous ses opéras depuis La Passion de Gilles en 1983 : une fidélité exceptionnelle, souligne la nouvelle directrice générale Christina Scheppelmann, annonçant dans la foulée qu'elle a dans ses tablettes des prochaines saisons une nouvelle production de Yvonne, princesse de Bourgogne. C'est que, souligne Fabrizio Cassol – musicien et ayant droit de Boesmans – ses opéras continuent à se jouer un peu partout en Europe : Julie vient encore de se donner deux fois l'an dernier, un projet de nouveau Pinocchio se prépare en France pour la saison prochaine et l'Opéra de Lyon, qui doit toujours représenter On purge bébé dont il est coproducteur, prévoit de monter également Poppea e Nerone, la deuxième version de son adaptation du Couronnement de Poppée de Monteverdi.
Outre une après-midi d'études d'ores et déjà prévue au Collège Belgique de l'Académie Royale le 11 février, la première Boesmans Wave se concentrera du 12 au 26 mars, avec cinq concerts à la Monnaie et à Flagey, les uns avec des interprètes confirmés (Stéphane Degout, Sylvain Cambreling, Julien Libeer, Kris Defoort et Stéphane Ginsburgh), les autres avec des étudiants du Conservatoire Royal de Bruxelles : la vénérable institution a en effet a mis la musique de Boesmans au programme de plusieurs de ses cours cette année, toujours soucieuse de faire connaître les musiciens belges à ses étudiants venus des quatre coins du monde (48 nationalités cette année). Le Klara Festival sera de la partie, tout comme la Bibliothèque Royale qui, avec l'aide de la Fondation Roi Baudouin, a pu acquérir 17 manuscrits de Boesmans lors d'une vente publique en 2021, évitant ainsi qu'ils soient dispersés.
Musique inclassable
Au-delà du festival 2026 et de ceux qui suivront sans doute, l'intention de cette association momentanée de partenaires musicaux est d'entretenir la notoriété du compositeur et de son œuvre : 64 opus recensés, dont les plus anciens – années 60 à 80 – restent pour le moment complètement oubliés. Alors que, souligne Bernard Foccroulle – qui l'a programmé quand il dirigeait la Monnaie, mais qui a été aussi dédicataire et créateur de Fanfares II, une de ses œuvres majeurs pour orgue – il a fait éclater les dogmes régnant à cette époque en Europe. Avec une musique inclassable, éprise de liberté, immédiatement accessible mais invitant toujours à creuser.
Bruxelles, du 11 février au 26 mars ; www.philippeboesmans.be