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Face à l'engouement des séries, à quoi sert-il encore de lire des romans ?

Entre les essais, qui ont pour vocation d'éclairer notre société, et les séries, qui - de plus en plus regardées - nous permettent de nous évader par le biais de la fiction, à quoi sert-il de prendre du temps pour lire des romans ? Ont-ils encore quelque chose de propre à apporter ? À l'heure de la rentrée littéraire, deux auteurs prennent leur défense.

Face à l'engouement des séries, à quoi sert-il encore de lire des romans ?
©Unsplash

Pour accueillir selon Jean-Michel Delacomptée, écrivain, notamment auteur de "Notre langue française" (Fayard, 2018)

Face à l'engouement des séries, à quoi sert-il encore de lire des romans ?
©D.R.

Les grands romans sont en trois ou quatre dimensions. Il y règne quelque chose d'énigmatique, d'inépuisable ; il n'y a jamais de réponse définitive. La littérature offre liberté et autonomie, et le style est de l'âme en mots qu'il nous faut accueillir.

Quel lecteur de romans êtes-vous ?

Vous parlez des grands romans classiques ou des romans contemporains ?

Vous établissez une distinction entre les deux ?

Oui. J'ai publié en 2016 chez Robert Laffont un ouvrage intitulé Lettre de consolation à un ami écrivain . J'y expliquais que, sauf exception, les romans contemporains m'intéressent peu. Je les trouve presque toujours remplis d'une morale convenue. Globalement, c'est une littérature de bons sentiments dont l'écriture est trop souvent fade et pauvre. Et puis, le caractère oral d'une bonne partie de la littérature me fatigue. J'éprouve assez rarement le plaisir, à la lecture d'un roman contemporain, de découvrir une langue qui me surprenne par sa virtuosité, son élégance, son harmonie ou son originalité. Le style exigeant est largement déconsidéré aujourd'hui.

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