Accusé de "pratiques discutables", l'ancien patron de l'aéroport de Charleroi se défend : "On m'avait dit de ne pas faire de politique"
Un audit du consultant Deloitte pointe des "anomalies" dans la gestion par l'ancienne direction de l'aéroport wallon. "Ce document sort comme par hasard cent jours avant les élections", s'indigne Jean-Jacques Cloquet, l'ancien patron de l'aéroport désormais sur les listes des Engagés. "On m'avait prévenu que je me ferais allumer car ma candidature politique dérange".

- Publié le 01-03-2024 à 18h51

Le document a fait l'effet d'une petite bombe à Charleroi. À la demande de l'actuel conseil d'administration de l'aéroport de Gosselies, le consultant Deloitte s'est plongé dans les comptes de l'infrastructure du temps de sa précédente gestion, à l'époque où Jean-Jacques Cloquet était alors CEO (2008-2018). Et le rapport n'épargne pas celui qui est désormais tête de liste régionale pour les Engagés dans la circonscription de Charleroi-Thuin.
Comme l'expliquent nos confrères de L'Echo, Deloitte met notamment le doigt sur des "flux financiers problématiques", à hauteur de 7,2 millions d'euros du temps où l'actuel candidat des Engagés dirigeait l'aéroport. Un autre problème relevé par l'audit concerne l'évaluation des bonus octroyés au management entre 2013 et 2018. Deloitte se montre interpellé par "l'absence de politique interne définissant la gouvernance sur les approbations de bonus". Le consultant épingle encore d'autres pratiques discutables comme l'octroi d'un deuxième véhicule à l'ancien CEO, alors que son contrat ne le prévoyait pas ou encore de possibles conflits d'intérêts, notamment dans le sponsoring accordé au club de basket des Spirou de Charleroi, dont Jean-Jacques Cloquet a été président, ou encore au parc animalier Pairi Daiza.
"Je m'expliquerai devant la justice si elle me le demande"
Selon Sudinfo, une information judiciaire "pour abus de biens sociaux" et "infractions aux règles sur les marchés publics" aurait même été ouverte. "Je m'expliquerai devant la justice, dont je ne doute pas de la qualité, si elle me le demande, explique M. Cloquet qui regrette de ne pas encore avoir eu le document l'incriminant en main. "Cet audit a été transmis directement à la presse en dehors de toute règle éthique, insiste l'ancien CEO. Je constate déjà de fortes anomalies de ce que j'ai pu lire dans les journaux. Mais ce n'est pas la première fois que cela arrive avec Deloitte qui a aussi des problèmes".
Pour Jean-Jacques Cloquet, ce ne serait "pas un hasard" si cette "fuite" dans les médias arrive maintenant. "On est à 100 jours des élections et je sais que je dérange beaucoup de partis à Charleroi car je suis un libéral social, proche des gens. On m'avait dit de ne pas faire de politique, que c'était un monde très dur et que je risquais de me faire allumer. Je constate que c'est vrai." M. Cloquet affirme avoir le soutien total de son parti, Les Engagés. "Cela me conforte dans mon choix. Il n'y a jamais eu de plaintes contre moi, et l'audit ne mentionne nulle part des questions d'enrichissement personnel", conclut-il.