Les droits de douane américains ont-ils détourné la Chine vers le marché européen ?
Dans un contexte de tensions commerciales, les exportations chinoises ont été globalement résilientes en 2025.

- Publié le 18-02-2026 à 14h25
- Mis à jour le 18-02-2026 à 14h35

La redirection en 2025 d'une partie des exportations chinoises vers d'autres marchés, notamment l'Europe, semble davantage liée à des facteurs structurels qu'aux droits de douane américains, selon un article publié mercredi par la Banque centrale européenne.
"Si une partie du recul des exportations chinoises vers les États-Unis peut être attribuée aux nouveaux droits de douane, il n'existe jusqu'à présent que peu de preuves que ces mesures aient entraîné une redirection substantielle (de ces exportations) vers d'autres marchés", selon un article publié au bulletin mensuel de l'institution.
En 2025, les exportations chinoises ont été globalement résilientes, progressant de 5,5 % sur un an, contre 4,6 % en 2024.
La baisse de 20 % vers les États-Unis a été compensée par la croissance vers d'autres régions: 8 % pour la zone euro, dont 8,8% vers l'Allemagne, selon l'Office allemand Destatis, 13 % pour l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), 7 % pour l'Amérique latine et 26 % pour l'Afrique, détaille l'article.
Les droits de douane américains n'ont entraîné qu'une réorientation limitée des ventes, portant sur un petit nombre de produits, notamment de consommation, notent les auteurs.
Une faible demande intérieure
En revanche, la vigueur récente des exportations chinoises vers d'autres marchés "semble être principalement liée à des tendances antérieures", arguent-ils.
Ils citent "la faible demande intérieure" qui a poussé les entreprises chinoises à "exporter leurs capacités excédentaires", ce qui a fait baisser des prix à l'export.
Egalement, des "gains de compétitivité renforcés par une monnaie faible", et "l'expansion industrielle" menée par Pékin, notamment à travers le projet d'infrastructures "Belt and Road" (Nouvelles routes de la soie).
Dans une interview accordée le 10 février à Econostream Media, le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, a souligné que la présence des produits chinois en zone euro "devient de plus en plus marquée".
Selon lui, tant que l'évolution des tensions commerciales sino-américaines reste incertaine, tout détournement supplémentaire des échanges chinois vers l'Europe devrait inciter la BCE à une "grande vigilance", car les exportations chinoises pourraient "avoir un impact à la baisse sur l'inflation comme sur la croissance".
