Du calme et un jardin avant le PEB : que recherchent aujourd'hui les acheteurs ?
Plus que la performance énergétique, c'est la qualité de vie qui devient le critère numéro un pour l'achat d'un bien.
- Publié le 16-03-2026 à 10h25
- Mis à jour le 16-03-2026 à 10h26

À quoi ressemble aujourd'hui la maison idéale des Belges ? Selon une enquête réalisée par la banque Crelan avec l'institut Ipsos auprès de 1383 propriétaires belges, les priorités des acquéreurs ont sensiblement évolué ces dernières années. Au-delà de la surface ou du prix, la recherche d'un cadre de vie agréable s'impose désormais comme un critère déterminant dans le choix d'un logement.
Premier élément frappant : le calme du quartier arrive largement en tête des critères cités par les répondants. Pas moins de 83 % des acquéreurs le jugent essentiel dans leur recherche. Un chiffre qui traduit une aspiration forte à un environnement résidentiel apaisé, loin du bruit et de l'agitation urbaine. Viennent ensuite l'espace intérieur (82 %) et la présence d'un jardin (77 %), deux éléments qui confirment l'importance accordée au confort et à la possibilité de profiter d'un extérieur.
Une hiérarchie des priorités qui témoigne d'une évolution du rapport au logement. Pour de nombreux acquéreurs, acheter un bien immobilier ne répond plus seulement à un besoin pratique : il s'agit aussi de trouver un lieu où l'on se sent bien au quotidien. La qualité des matériaux, par exemple, reste un critère important pour 76 % des répondants. Elle reflète à la fois une attente en matière de durabilité et une volonté de privilégier des logements agréables à vivre sur le long terme.
La notion de qualité de vie se retrouve également dans l'importance accordée au maintien des habitudes quotidiennes. Plus de six propriétaires sur dix (64 %) souhaitent pouvoir conserver leur mode de vie après leur achat, notamment en ce qui concerne la proximité des commerces, des services ou des infrastructures de transport. Aussi, si la localisation reste un facteur clé, elle est désormais envisagée sous l'angle du confort de vie plutôt que de la seule accessibilité.
Des jeunes acquéreurs attentifs à leur cadre de vie
Chez les jeunes adultes âgés de 20 à 35 ans, ces tendances sont encore plus marquées. Comparé à l'année précédente, ils accordent davantage d'importance à la tranquillité du voisinage, à la proximité du lieu de travail et des commerces, ainsi qu'à la qualité des matériaux. La distance par rapport aux écoles gagne également en priorité, signe que les projets familiaux interviennent plus tôt dans la réflexion immobilière.
Ce changement de perspective illustre l'évolution du parcours résidentiel. De plus en plus de jeunes adultes accèdent à l'autonomie en passant d'abord par la location avant d'envisager un achat. Dans ce contexte, le logement n'est plus seulement perçu comme un investissement, mais aussi comme un cadre de vie durable, capable d'accompagner différentes étapes de la vie.
Un PEB en recul dans les priorités
Autre enseignement de l'étude : le certificat énergétique perd quelque peu de son poids dans les critères de choix des acquéreurs. Le score PEB, longtemps présenté comme un facteur déterminant dans l'évaluation d'un bien, ne figure plus parmi les cinq principaux critères à l'échelle nationale.
En Flandre, par exemple, le certificat PEB demeure crucial pour 71 % des propriétaires. En Wallonie, en revanche, seuls 39 % des répondants le considèrent déterminant.
Cette évolution ne signifie pas pour autant un désintérêt pour les performances énergétiques. Les disparités régionales restent marquées. En Flandre, par exemple, le certificat PEB demeure crucial pour 71 % des propriétaires. En Wallonie, en revanche, seuls 39 % des répondants le considèrent déterminant, contre 58 % un an plus tôt. Dans cette région, les maisons immédiatement habitables, la proximité des commerces ou encore la présence d'un cadre rural sont davantage recherchées.
Le retour vers les biens existants
L'enquête met également en évidence une évolution dans les choix de type de logement. La construction neuve semble perdre du terrain au profit des biens existants. Ceux-ci offrent souvent un meilleur compromis entre localisation, espace et budget, quitte à envisager des travaux de rénovation par la suite.
Chez les 20-35 ans, cette tendance est particulièrement nette : 64 % privilégient désormais un bien existant, contre 54 % un an plus tôt. Cette préférence s'explique en partie par les contraintes budgétaires qui pèsent sur l'accès à la propriété, mais aussi par la possibilité d'adapter progressivement le logement à ses besoins.
Dans ce contexte, la rénovation gagne du terrain. Une partie des propriétaires contracte des prêts spécifiquement destinés aux travaux, parfois associés à des dispositifs dits "verts". Si la prudence financière reste de mise, une proportion non négligeable d'acheteurs se dit prête à adapter la durée de son crédit pour améliorer la durabilité ou la performance énergétique du logement.