Le bilan mitigé du tourisme en Belgique cet été : Bruxelles aux abois, la Flandre et la Wallonie satisfaites

A la sortie de l'été 2021, les trois Régions du pays tirent des bilans bien différents de la saison touristique.

Blankenberge et les neuf autres communes du littoral se disent satisfaites de la fréquentation touristique cet été.
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C.M. et A.M. (avec Belga)

C’est dans un tir groupé plus ou moins parfait afin d’évoquer les vacances avant la rentrée du 1er septembre que Westtoer pour le littoral belge, Wallonie Belgique Tourisme (WBT) pour l’Ardenne et la Région wallonne et le secteur de l’Horeca pour Bruxelles ont tiré leur bilan des vacances d’été.

Qui n'est négatif que pour la Région bruxelloise. Il faut dire qu'en pleine crise sanitaire, les touristes étrangers ne se déplacent guère et que la météo maussade de cet été n'a rien arrangé. "L'hypercentre touristique de Bruxelles a perdu plus de 70 % de son chiffre d'affaires par rapport à l'été 2019, indiquait Fabian Hermans, administrateur de la Fédération Horeca Bruxelles à l'agence Belga il y a peu. Bruxelles est vide de touristes, moribonde, comme dans un coma artificiel. Il y a des chaises à perte de vue, mais pas de clients assis dessus."Le constat est tout aussi amer du côté des hôteliers. "Le taux d'occupation pour les mois de juillet et août est de respectivement 25 % et 28 % contre 79 % et 68 % en 2019", note Rodolphe Van Weyenbergh, le secrétaire général de la Brussels Hotels Association (BHA).

"La situation est intenable. Depuis le début de l'année 2021 jusqu'à fin août, la baisse de chiffres d'affaires cumulée par rapport à la même période en 2019 est de 80 %." Le secteur épingle notamment le manque de touristes étrangers dans la capitale ainsi que la généralisation du télétravail. "Les hôtels urbains dépendent à 80 % de la clientèle internationale et du tourisme d'affaires", souligne M. Van Weyenbergh. "Avant que le télétravail et les réunions à distance ne soient la norme, les voyageurs d'affaire remplissaient les hôtels et se délectaient dans les restaurants et les bars bruxellois. Mais aujourd'hui, les sociétés limitent au minimum leurs congrès et séminaires", abonde M. Hermans.

Plus réjouissant pour la Côte

Par comparaison et malgré une météo peu estivale, le bilan sur la Côte est mirifique, avec environ 12 millions de nuitées, en hausse de quelque 3 % par rapport à l'été 2020. "Grâce aux quatre millions de touristes d'un jour, ajoute Westtoer dans son communiqué de presse, le nombre d'excursions à la mer est resté identique à l'année dernière. Partir en vacances dans son pays est revenu à la mode."

Les campings, les hôtels et les maisons de vacances des dix communes du littoral se disent satisfaits de leur été. Ce sont surtout des Belges qui s'y sont précipités, même si "progressivement", les vacanciers des pays voisins les ont rejoints. D'ores et déjà, les secteurs de l'hébergement soulignent le grand intérêt pour l'automne.

La Wallonie s’en sort bien

Du côté wallon, et même si les statistiques s’arrêtent au 15 août, le bilan est également positif, et ce malgré les inondations qui ont touché la région au début du mois de juillet.

La crise sanitaire a vraisemblablement favorisé le tourisme à l’intérieur des frontières. Selon Wallonie Belgique Tourisme, 75 % des visiteurs étaient belges et venus majoritairement de Flandre.

"Ceci s'explique notamment par le fait que les Flamands étaient plus présents dans les hébergements, les Wallons ayant privilégié les excursions ou activités d'un jour", a déclaré l'organisme dans un communiqué. Le taux d'occupation moyen des logements était de 77 %, soit un niveau comparable à la situation d'avant la crise sanitaire. Les villages de vacances et les hébergements de terroir de grande capacité ont particulièrement été plébiscités. Par contre, les intempéries et la météo maussade ont probablement eu un effet sur les choix, puisque les campings, souvent proches des cours d'eau, n'ont pas été pris d'assaut.

L’organisme salue cependant le fait que 15 000 pass VisitWallonia, d’une valeur de 80 euros, ont été utilisés cet été auprès de 378 prestataires, dont les hébergements, les musées, les parcs d’attractions et autres. Ce qui représente une rentrée de 1,2 million d’euros. Soit une moyenne de 3 174 euros par prestataire.