Les compagnies s'étonnent de la mise en vigueur de la taxe avion : "Comment répercuter cette nouvelle taxe sur le prix du billet ?"
La taxe sur les billets d'avion entre bien en vigueur ce 1er avril. À la surprise des compagnies aériennes belges…"Aucun arrêté royal n'a été publié clarifiant cela", dénonce Brussels Airlines.

- Publié le 18-03-2022 à 10h08
- Mis à jour le 18-03-2022 à 10h12

Ce n'était donc pas un poisson d'avril. La taxe sur les billets d'avion entrera bien en vigueur au début du mois prochain, comme nous l'a confirmé le cabinet du ministre des Finances, Vincent Van Peteghem (CD&V). Les deux principales compagnies aériennes du pays, à savoir Brussels Airlines et Tui fly, affirmaient pourtant cette semaine ne pas avoir été informées de l'instauration de cette taxe à partir du 1er avril.
Chez Brussels Airlines, la surprise était toujours de mise ce jeudi. "Nous nous montrons très coopératifs quant au développement de cette taxe d'embarquement, explique la porte-parole de la compagnie belge Maaike Andries. Toutefois, il reste encore d'importantes questions restées sans réponse quant aux modalités à l'heure actuelle. Aucun arrêté royal n'a été publié clarifiant cela. Après publication d'un tel texte, nous aurons bien évidemment besoin de temps pour nous préparer et adapter nos systèmes et la communication". La compagnie ignore ainsi comment elle répercutera cette nouvelle taxe sur le prix du billet payé par le passager. Tui fly s'étonne aussi de l'absence de la publication d'un arrêté royal.
Car selon le texte publié sur le site du parlement fédéral, ce sont bien les transporteurs aériens, et non les aéroports eux-mêmes, qui sont redevables de cette taxe à l'État belge. Tous les transporteurs aériens "qui exécutent au minimum deux vols avec des passagers par année calendaire depuis un aéroport situé en Belgique" doivent ainsi se faire enregistrer et payer les taxes par passager mensuellement, à savoir le premier jour du mois suivant le vol effectué.
Le propriétaire privé d'un hélicoptère aussi concerné
Pour les réfractaires, l'amende peut être très salée, le montant prévu peut aller de 250 à 250 000 euros. "Cette large fourchette se justifie par la grande diversité de redevables qui sont soumis à la taxe, allant du propriétaire privé d'un hélicoptère aux plus grands transporteurs aériens étrangers", explique le législateur belge.
Pour rappel, cette taxe environnementale est de 10 euros pour un passager dont "la destination n'est pas située à plus de 500 km à vol d'oiseau d'un aéroport belge", de 2 euros pour un voyageur "moyen-courrier" qui se rend dans une ville à plus de 500 km mais située dans l'espace économique européen, au Royaume-Uni ou en Suisse, et de 4 euros pour un passager "long-courrier", dont la destination est plus éloignée que 500 km et est située en dehors de ces différents pays européens.
Notons que les vols de transit ne sont pas concernés par cette taxe. L'État fédéral entend récolter 30 millions d'euros via cette taxe en 2022.