Le poids de la dette belge va grimper de huit milliards en cinq ans
La hausse des taux d'intérêt et l'ampleur du déficit expliquent que le poids de la dette, elle-même en hausse, grimpe considérablement ces prochaines années.

- Publié le 16-03-2023 à 15h44

Ce n'est pas étonnant. Ces prochaines années, la charge de la dette va grimper de manière considérable et peser sur les comptes de l'Etat belge. En 2023, la charge d'intérêts – poids de la dette – s'inscrirait à 8,5 milliards d'euros. Elle s'accroîtrait à 15,96 milliards d'euros en 2028. Soit une hausse de près de 8 milliards d'euros en 5 ans.
Naturellement, plusieurs raisons expliquent cette forte croissance du poids de la dette. Il y a d'abord la hausse des taux d'intérêt, qui augmente progressivement le taux implicite moyen sur la dette belge. Ce taux implicite passe de 1,5% en 2023 à 2,6 % en 2028 sur la base des prévisions de l'agence fédérale de la dette, reprises dans le dernier rapport du comité de monitoring. A noter que la stratégie de l'agence de la dette a toujours été ces dernières années d'allonger la maturité (duration dans le jargon) des dettes belges, à 10 ans environ, contre 5-6 ans il n'y a pas si longtemps encore. Cette stratégie a pour principal effet d'amortir le choc d'une hausse des taux d'intérêt, puisque la hausse des taux se répartit sur un plus grand nombre d'années.
L'ampleur du déficit public a aussi une incidence sur la dette ; comme il est à un niveau élevé (plus de 5% du PIB ces prochaines années), ce déficit demande davantage de besoins de financement. Ces derniers ont été estimés à 50,7 milliards d'euros en 2023, 53,5 milliards en 2024 et… 66,4 milliards d'euros en 2028. On est dans le haut de la fourchette des besoins jamais exprimés par l'agence, qui se matérialise donc par des émissions d'obligations belges sur les marchés. Avec la hausse des taux, pour autant que la crédibilité de la Belgique reste forte, il y a fort à parier que ces émissions attireront les investisseurs.
Reste un point important : la dette elle-même grimpe, donc. Alors qu'elle est attendue à 105 % du PIB cette année, elle devrait croître à 117,6 % du PIB en 2028. Cette forte hausse nous place près des seuils d'alerte (120 % du PIB à taux et croissance normaux) relevés il y a deux ans dans le cadre d'une étude de la Banque nationale de Belgique.