Les jeunes pensent à leur retraite : "La génération Z se met à investir"
Libre Eco week-end | Les jeunes investisseurs de la génération Z, cherchant notamment à payer moins de frais, se tournent davantage vers la gestion indicielle.
- Publié le 04-03-2024 à 10h20

Trade Republic vient de fêter ses cinq ans et dispose désormais du statut de banque (de droit allemand). Cet organisme permet d'investir à partir d'un euro et offre également des plans d'épargne. Aujourd'hui, 4 millions de clients ont confié à cette banque 35 milliards d'euros d'actifs sous gestion. "80 % de notre clientèle sont composés d'investisseurs de moins de 35 ans. Nous constatons que toute une génération, la génération Z, se met à investir. Cette génération n'est donc pas uniquement concentrée sur les cryptoactifs mais elle se constitue des plans d'épargne programmés et sur base d'investissements en ETF (exchange-traded fund)", constate Matthias Baccino, Markets Group Lead chez Trade Republic.
Les ETF sont moins chers, plus souples, très transparents et leur diversification est telle qu'elle leur permet de limiter le risque."
Les jeunes générations sont préoccupées par trois fins : la fin du mois, la fin de la vie et la fin du monde. Les jeunes recherchent donc les solutions les moins chères et à se constituer une épargne pour leur retraite. Après le rendement et la sécurité de la retraite, viennent les préoccupations environnementales. Pris en étau entre un endettement public grandissant et la reprise de l'inflation, ces jeunes réalisent que, sans investissement, ils seront pauvres à l'âge de la retraite. Et, comme ils n'ont pas appris à investir, ils se tournent vers Internet. Ils réalisent alors tous les avantages des ETF, ces fonds indiciels cotés en Bourse. "Les ETF sont moins chers, plus souples, très transparents et leur diversification est telle qu'elle leur permet de limiter le risque. Il ne faut pas sous-estimer l'impact sur la rentabilité des frais qui sont pris dans les fonds actifs", prévient Matthias Baccino.
Un basculement dans le monde financier
Ce financier explique alors le résultat négatif des frais sur le long terme. La grande majorité des fonds gérés activement prélèvent, en moyenne, 2 % de frais de gestion chaque année, contre 0,2 % pour les fonds gérés de façon indicielle. "Avec la technique des intérêts composés, cela signifie qu'en 21 ans, pour un investissement de 5 000 euros, l'investisseur payera… 5 000 euros de frais. De plus, ces 5 000 euros payés sous forme de frais auront engendré un manque à gagner de 7 000 euros d'intérêts composés. Donc, en raison d'un effet boule de neige, le manque à gagner sur cette période sera de 13 000 euros."
Il souligne également que 90 % des fonds actifs réalisent de moins bonnes performances que le S&P500 sur le long terme. Il y a aussi une action darwinienne dans les indices. Leur composition évolue dans le temps et l'effet "auto-nettoyant" élimine des sociétés pour les remplacer par de nouvelles avec de plus grandes capitalisations. De plus, un ETF mondial permet d'investir pour une somme modique dans des milliers d'entreprises dans le monde.
"Malgré le manque de promotion par les grandes banques pour la gestion indicielle, les jeunes générations ont compris l'intérêt d'investir par l'intermédiaire des ETF. Nous assistons à un des plus grands mouvements de basculement dans le monde financier qui pousse les investisseurs de la gestion active vers la gestion indicielle. La gestion indicielle remporte de plus en plus de succès. À l'avenir, il ne restera plus que quelques fonds actifs essentiels. La gestion se fera principalement par des investissements en ETF", prédit Matthias Baccino. Le monde de la gestion sera totalement différent et certaines sociétés tremblent déjà face à la montée irrémédiable de la gestion indicielle.