Réactions mitigées du monde politique belge après l'accord US-UE sur les droits de douane : "Ce n'est pas un accord que nous pouvons célébrer"
Ce lundi, les réactions politiques sont nombreuses. Un accord sur les droits de douane avec les États-Unis, synonyme de stabilité pour certains mais qui est loin de réjouir tout le monde.
- Publié le 28-07-2025 à 19h33
- Mis à jour le 28-07-2025 à 20h17
Après l'annonce de l'accord trouvé entre les États-Unis et l'Union Européenne, ce dimanche, les représentants politiques réagissent tour à tour, à commencer par le Premier Ministre Bart De Wever. Dans un message publié sur le réseau social X, il se montre positif mais prudent. "Une chose est claire, c'est un moment de soulagement mais pas de réjouissance. Les droits de douane augmenteront dans plusieurs secteurs et certaines questions clés restent en suspens.", écrit le Premier ministre. Il félicite tout de même la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen et ses équipes pour l'obtention de cet accord. "J'espère sincèrement que les États-Unis renonceront à nouveau, en temps voulu, à l'illusion du protectionnisme et embrasseront une fois de plus la valeur du libre-échange, pierre angulaire de la prospérité partagée.", ajoute-t-il.
Au sein du gouvernement Arizona d'autres on fait part, ce lundi, de leurs sentiments mitigés quant à cet accord. Le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés) s'est lui aussi exprimé sur X. "Bien que cela mette fin à une période d'incertitude, ce n'est pas un accord que nous pouvons célébrer.", estime Maxime Prévot. "Nous sommes pleinement conscients de la pression que cela exercera sur notre industrie, en particulier en Belgique.", ajoute le chef de la diplomatie belge. Le ministre en charge de l'économie David Clarinval (MR), parle d'un "soulagement" pour les entreprises belges. "Nous aurions préféré conserver la situation initiale mais nous pouvons être satisfaits de cet accord. Les États-Unis sont notre premier partenaire hors UE, préserver ce lien est essentiel pour notre économie.", détaille David Clarinval, qui se dit toujours "profondément attaché" au libre-échange et défavorable à l'imposition de barrières commerciales.
Une "honte" pour l'opposition
Du côté de l'opposition, les réactions sont également nombreuses ce lundi. Pour Paul Magnette, président du PS et député fédéral cet accord est une "honte". "Face aux tarifs douaniers de Trump, l'Europe cède sans riposte. Jamais l'Europe n'a capitulé de la sorte face aux États-Unis. Le Parlement européen doit se réunir d'urgence et désavouer cet accord", écrit-il sur son compte X. Message similaire chez Ecolo. "Suivre les USA dans leur course folle c'est signer un chèque en blanc aux activités néfastes pour l'environnement, c'est renoncer à repenser notre modèle industriel et économique.", commente la co-présidente d'Ecolo Marie Lecocq. Elle pointe du doigt l'Union Européenne et parle d'un "renoncement à atteindre une autonomie" qu'elle juge "inquiétante et coupable".
Un coût potentiel de 4,46 milliards d'euros pour la Flandre
En réponse à cet accord, le ministre-Président flamand, Matthias Diependaele (N-VA) à fait les comptes. "Cet accord commercial offre une certaine prévisibilité à nos entreprises, mais l'introduction de droits de douane de 15 % sur plusieurs secteurs pourrait représenter une charge tarifaire potentielle de 4,46 milliards d'euros.", estime Matthias Diependaele. Malgré cela, il parle d'un "pas en avant" et appelle à un renforcement du marché intérieur européen.
Côté wallon, le cabinet du Ministre-Président Adrien Dolimont (MR) précise qu'il est encore trop tôt que pour avancer des chiffres précis. Il demande des clarifications sur cet accord "entouré de zones d'ombre". "S'il est loin d'être pleinement satisfaisant, cet accord a néanmoins permis d'éviter des conséquences plus graves que celles initialement envisagées", réagit ce lundi Adrien Dolimont. Pour lui, il est "impératif" que la Commission transmette les textes le plus vite possible, afin de pouvoir les analyser. Il conclut en appelant, lui aussi, à un renforcement de la souveraineté économique de l'Union Européenne.
