Le FMI "salue" la taxe sur les plus-values et pense que la Belgique pourrait aller plus loin
Le Fonds monétaire international, qui a présenté mardi son évaluation annuelle de la situation économique et financière de la Belgique, pense que le montant de l'exonération de la taxe sur les plus-values sur les 10 000 euros de plus-value pourrait être revu à la baisse.

- Publié le 16-12-2025 à 12h09
- Mis à jour le 16-12-2025 à 17h18

L'économie belge est résiliente mais montre encore des signes de vulnérabilité en raison notamment de la situation de ses finances publiques, qui est caractérisée par des déficits importants et de la dette publique élevée. C'est le message qui a été délivré ce mardi matin par Jean-François Dauphin, chef de mission du Fonds monétaire international (FMI), lors de la présentation de l'évaluation annuelle du FMI de la situation économique et financière de la Belgique.
L'expert du FMI a estimé que les réformes décidées par le gouvernement De Wever "vont dans la bonne direction", mais ajoute "qu'il faut faire plus" pour atténuer la vulnérabilité du pays et pour augmenter la croissance qui, selon les estimations de l'institution internationale, devrait s'élever à 1,3 % en 2026-2027. Ces marges budgétaires supplémentaires sont rendues d'autant plus nécessaires que de nombreux risques existent au niveau international (hausse des barrières douanières, ruptures dans les chaînes d'approvisionnement, etc).
On pense que de manière générale c'est une bonne idée de faire passer une partie de la taxation du travail vers le celle du capital"
Parmi les décisions prises par le gouvernement fédéral, Jean-François Dauphin donne un bon point à l'introduction d'une taxe de 10 % sur les plus-values. "On pense que de manière générale c'est une bonne idée de faire passer une partie de la taxation du travail vers celle du capital", a-t-il dit lors de la conférence de presse. "Cela doit se faire de manière programmée, avec soin pour éviter une perte de revenus. On salue la taxe sur la plus-value. Son niveau d'exonération (10 000 euros de plus-value par an, NdlR) est relativement élevé et pourrait être abaissé afin d'accroître les recettes et assurer une meilleure équité", souligne encore l'institution.
De façon plus générale, le FMI estime que les réformes fiscales, des retraites, du marché du travail et des soins de santé en cours sont les bienvenues et doivent être appliquées avec constance. "La réforme des retraites en cours est une étape cruciale pour limiter les pressions sur les dépenses liées au vieillissement", note-t-il.
Age de la pension
Le FMI, qui a rencontré des représentants du gouvernement fédéral et régionaux ainsi que des experts de la Banque nationale ou encore les partenaires sociaux pendant deux semaines, soutient les mesures incitatives sur le marché du travail, notamment celle prévoyant des pénalités pour départ anticipé à la retraite. Mais là aussi, il faut persévérer. Malgré les mesures prises, les dépenses liées aux retraites devraient encore atteindre 12,2 % du PIB à l'horizon 2070, "ce qui souligne la nécessité de nouvelles réformes", poursuit le FMI. Qui se dit favorable à la liaison de l'âge de la retraite fixé par la loi à l'évolution de l'espérance de vie, comme le font déjà plusieurs pays du nord de l'Europe, dont les Pays-Bas. Grâce à ce mécanisme automatique, l'ajustement de l'âge de la retraite devient une mesure administrative plutôt qu'une décision politique.
Voitures de société
Jean-François Dauphin a aussi tracé quelques pistes au niveau des efforts supplémentaires qui pourraient être faits pour réduire les dépenses (y compris les aides aux entreprises) et ainsi améliorer la situation des finances publiques. Il conseille de faire un tri dans les nombreuses exemptions et niches fiscales. Ces régimes représentaient 6 % de points de base du PIB en 2021 (soit un montant à 38 milliards d'euros en 2025). "On pense utile de regarder toutes ces exceptions de plus près. Répondent-elles toujours à la priorité d'une politique publique efficace ?", s'interroge l'expert.
Il pose la même question pour certaines aides pour lesquelles "il faudrait se demander si elles sont utiles". Comme exemple d'aides utiles, il cite celles qui contribuent à la transition écologique (primes pour les panneaux solaires, etc). Par contre, il se montre plus circonspect sur les avantages fiscaux accordés aux voitures d'entreprises, surtout dans cette optique de transition écologique. Il s'interroge aussi sur les nombreuses exemptions en termes de taxation des cotisations sociales pour différents groupes du marché du travail. "On pense que c'est plus efficace d'unifier la taxation", a-t-il encore dit.