Les USA pourraient fournir jusqu'à 80 % du GNL importé dans l'UE en 2030 : "Une dépendance excessive"
Le centre de réflexion IEEFA met en garde : on risque de remplacer une dépendance par une autre.
- Publié le 20-01-2026 à 15h29
- Mis à jour le 20-01-2026 à 17h19

L'invasion à large échelle de l'Ukraine par la Russie s'est accompagnée d'une forte baisse de la dépendance européenne aux importations de gaz russe. Notamment en raison du fait que Vladimir Poutine a fortement réduit les exportations par gazoducs, lors de l'été 2022.
Si la Russie reste un fournisseur important de l'UE, les importations de gaz russe ont chuté de 75 %, entre 2021 et 2025. En comptant les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) et par gazoducs.
Pour faire face à cette perte, l'Europe a réduit de 20 % sa consommation de gaz, entre 2021 et 2024. Mais elle a aussi fortement augmenté ses importations de GNL depuis les États-Unis. En effet, les projets de GNL ont poussé comme des champignons aux États-Unis, en vue de remplacer le gaz russe sur le marché européen.
Une dépendance en hausse
Selon le think tank Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA), 57 % du GNL importé dans l'UE, en 2025, est venu des USA. Précisons que le GNL ne représente qu'une partie de l'approvisionnement en gaz de l'UE. L'Europe se fournit en effet majoritairement via des gazoducs. En comptant l'ensemble de nos importations (GNL et gazoducs), les USA ont fourni 27 % du gaz importé dans l'UE en 2025.
Mais l'IEEFA met en garde contre une progression de notre dépendance au GNL américain. En additionnant tous les contrats qui ont été signés avec des fournisseurs américains, les États-Unis pourraient représenter 75 à 80 % du GNL importé dans l'UE en 2030. Au total, les États-Unis fourniraient donc 40 % du gaz importé en Europe à cet horizon (GNL et gaz transporté par gazoducs). C'est légèrement moins que notre dépendance vis-à-vis de la Russie (45%), avant 2022.
Ce qui inquiète le think tank IEEFA. "Le plan REPowerEU visant à mettre fin à la dépendance aux combustibles fossiles russes a pour objectif de renforcer la sécurité d'approvisionnement de l'Europe grâce à la diversification, à la réduction de la demande et à la baisse du coût de l'énergie, écrit l'IEEFA. Or une dépendance excessive vis-à-vis du gaz américain va à l'encontre de cette stratégie".
Le centre de réflexion évoque aussi "une dépendance géopolitique potentiellement très risquée" qui pourrait l'empêcher l'Europe "de respecter ses engagements en matière de réduction de la demande de gaz".
Les Pays-Bas, la France, l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne ont représenté 75 % des importations de GNL américain dans l'UE, l'année dernière. La Belgique, elle, n'a représenté que 6 % des importations de GNL US.
