La Tour des Finances au cœur d'un bras de fer financier international entre Séoul, Londres et Bruxelles
Le fonds immobilier sud-coréen JR Global REIT a saisi la justice à Londres dans un litige avec deux créanciers liés à l'achat de la Tour des Finances à Bruxelles.

- Publié le 15-05-2026 à 15h35
- Mis à jour le 15-05-2026 à 15h38

Le fonds immobilier sud-coréen JR Global REIT a porté plainte devant un tribunal londonien contre deux prêteurs qui lui avaient accordé des prêts de plusieurs centaines de millions d'euros en 2020 pour l'acquisition de la Tour des Finances à Bruxelles. Le groupe sud-coréen, en difficultés financières, affirme que ces prêteurs ont exercé des pressions indues sur deux sociétés chargées d'estimer la valeur de la tour.
Fin avril, JR Global REIT a demandé devant le tribunal de Séoul à bénéficier d'une protection contre ses créanciers, après s'être révélé incapable de rembourser 40 milliards de wons (soit environ 23 millions d'euros) de dettes à court terme. La Corée du Sud pointe du doigt la Belgique comme principale cause de ce défaut de paiement. La Tour des Finances, le plus haut - et le plus cher -immeuble de bureaux de la capitale où travaillent des fonctionnaires du SPF Finances, est en effet l'un des principaux actifs du fonds immobilier. Celui-ci l'avait acheté juste début 2020 avant la crise du coronavirus pour 1,2 milliard d'euros, mais depuis la pandémie, l'immobilier de bureau a considérablement perdu de la valeur.
La société sud-coréenne a désormais saisi la Haute Cour de Londres. Selon l'agence de presse Bloomberg, elle souhaite empêcher le blocage des revenus locatifs de ses créanciers.
JR Global REIT avait acquis la Tour des Finances grâce à un emprunt d'environ 724 millions d'euros auprès de divers établissements financiers, dont environ la moitié via le gestionnaire d'actifs Pimco et environ 125 millions d'euros via le groupe Legal & General (L&G).
La plainte vise Pimco et L&G. Dans un document déposé auprès du tribunal de New York, par lequel le plaignant cherche à obtenir des pièces du dossier, ces sociétés sont accusées d'avoir tenté de faire baisser la valeur de la tour. Cette manœuvre aurait pour conséquence de retenir des fonds, conformément à une condition du prêt, afin de rembourser des dettes.
Pimco et L&G auraient fait pression sur le cabinet de conseil en immobilier Knight Frank LLP pour que l'évaluation de la tour soit ramenée en dessous de 950 millions d'euros. Knight Frank s'est retiré de son rôle d'évaluateur, lui qui avait fourni une estimation plus proche du prix d'achat de 1,2 milliard d'euros. Le nouvel expert, JJL, a quant à lui fourni une estimation avoisinant les 920 millions d'euros, ce qui, selon le propriétaire, "constitue une estimation déraisonnablement basse".
Knight Frank, L&G et Pimco ont refusé de commenter un différend en cours. JLL n'a pas donné suite à une demande de commentaires.
