La Belgique réaffirme son opposition à l'utilisation des avoirs russes gelés
L'idée d'un recours à ces avoirs avait été abandonnée en décembre dernier. Les 27 s'étaient finalement ralliés à l'option d'un emprunt de 90 milliards d'euros pour aider l'Ukraine, garanti par le budget européen.

- Publié le 03-09-2026 à 12h37

La Belgique a réaffirmé mercredi son opposition à une utilisation des avoirs russes gelés au sein de l'Union européenne pour financer l'aide à l'Ukraine, assurant que cette idée relancée par certains Etats membres n'avait guère suscité d'enthousiasme parmi les 27.
Cette initiative prise fin août par la Suède, l'Espagne, les Pays-Bas et la Pologne, "n'a guère soulevé de grand enthousiasme ni d'appétit des collègues", a assuré à l'AFP le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot, à l'issue d'une réunion des chefs de la diplomatie de l'UE à Wicklow, près de Dublin.
Lors de cette rencontre, M. Prévot a dit avoir rappelé l'opposition de son pays à cette utilisation des avoirs russes, dont la plus grande partie est immobilisée en Belgique.
"Les motifs de notre opposition ne se sont en effet pas évaporés par magie depuis lors", a-t-il expliqué dans une déclaration écrite transmise à l'AFP.
L'idée d'un recours à ces avoirs avait été abandonnée en décembre dernier. Les 27 s'étaient finalement ralliés à l'option d'un emprunt de 90 milliards d'euros pour aider l'Ukraine, garanti par le budget européen.
210 milliards d'euros toujours bloqués dans l'UE
Quelque 210 milliards d'euros d'avoirs russes sont gelés dans l'UE depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022. L'utilisation de cette manne a été en particulier vivement contestée par la Belgique où se trouvent 90% de ces avoirs, gérés par la société Euroclear.
La Russie ne prend pas le chemin de la négociation et l'Ukraine a besoin de davantage de financements "à court et à long terme", ont assuré les quatre pays européens favorables à la mobilisation de ces avoirs, dans une lettre commune.
"Nous sommes conscients des besoins budgétaires de l'Ukraine à court terme, car pour obtenir du matériel militaire en 2027, il faut pouvoir les commander et les payer dès à présent", a reconnu M. Prévot.
Cependant, ce dernier préconise, avec d'autres pays de l'UE, d'anticiper dès maintenant, au moins en partie, le paiement de la tranche du prêt de 90 miliards d'euros qui devait être déboursée en 2027.
Le débat a été lancé mercredi, a affirmé à Wicklow la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas. "Nous allons continuer la discussion", a-t-elle ajouté devant la presse.