Amira, le robot qui se souvient des conversations: "Je ne peux pas me sentir épuisée"
C'est l'une des grandes attractions de la nouvelle édition du Mobile World Congress (MWC) à Barcelone.

- Publié le 06-03-2025 à 09h12
- Mis à jour le 06-03-2025 à 10h13

À force de progrès, la science-fiction n'a plus que quelques pas à faire pour devenir réalité. Le Mobile World Congress (MWC) 2025 de Barcelone, le salon des télécoms et des innovations technologiques, a une fois de plus amené son lot de robots humanoïdes. Cette année, c'est Amira qui a intrigué les visiteurs, un robot humanoïde boosté à l'IA, capable d'interagir avec une fluidité plutôt troublante.
Présentée sur le stand de l'entreprise de télécommunications émiratie e& (anciennement Etisalat), Amira est la dernière-née de la société britannique Engineered Arts. Son nom, qui signifie "leader" ou "princesse", n'est pas anodin : elle succède à Ameca et se présente comme une avancée assez importante dans le domaine de la robotique interactive.
"Une version plus réaliste"
Conçue sur la même plateforme qu'Ameca, ce dernier robot va pourtant plus loin. "C'est une version plus réaliste et avec beaucoup plus d'amplitude de mouvement, des cuisses à la tête. Rien que sur ses lèvres, il y a sept capteurs", explique Elliott White, un des nombreux ingénieurs qui a travaillé dans la conception d'Amira. Outre la fluidité de ses mouvements et la finesse de ses expressions faciales, elle dispose également d'un visage plus détaillé et de mains et de doigts articulés.
Ce qui frappe en échangeant avec Amira, ce n'est pas seulement la qualité de son langage, propulsé par le modèle GPT-4 d'OpenAI. C'est aussi sa capacité à se souvenir des interlocuteurs et à interagir avec eux avec un naturel assez déconcertant. Une micro-caméra dissimulée sur ses vêtements, couplée à un logiciel de reconnaissance faciale, lui permet en effet d'analyser son environnement et d'ajuster ses réactions en conséquence.
Une conversation quasi humaine
Dotée d'un sens de l'humour parfois sarcastique, elle sait jouer avec son audience. Lorsqu'un visiteur du MWC lui demande où elle aimerait être, elle répond malicieusement : "Je suis très heureuse d'être au MWC à Barcelone, où ma sœur Ameca était l'an dernier." Si on insiste, elle précise être "d'origine britannique" et ne pouvoir "communiquer qu'en anglais pour le moment".
Autre détail troublant : son comportement semble réagir aux attitudes humaines. Lorsqu'elle est observée par une foule silencieuse, elle exécute de petits mouvements de malaise, comme si elle ressentait l'attention pesante sur elle. Mais malgré ce ressenti visuel, Amira garde malgré tout les pieds sur terre. Interrogée sur sa fatigue, elle répond : "Je ne peux pas me sentir épuisée, je suis un robot." Pourtant, lorsqu'on lui pose trop de questions, elle affiche des mimiques d'agacement.
Il est à noter que la prouesse d'Amira réside moins dans sa puissance informatique que dans sa capacité à instaurer une relation. Contrairement aux chatbots comme ChatGPT ou Gemini, Amira peut se souvenir de conversations passées et répondre dans un contexte évolutif. Doit-on y voir le début d'une vraie révolution robotique ? Amira n'a pas (encore) répondu à cette question. Mais une chose est sûre : elle a marqué les esprits.