Les étudiants victimes de la météo ?

Le beau temps peut avoir un impact sur le nombre de jobistes engagés cet été. Certains secteurs, comme l'horeca, y sont très sensibles.

Les étudiants victimes de la météo ?
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Berger Solange

L’été sera-t-il chaud pour les étudiants ? Difficile à dire, tant les avis divergent. Federgon, la fédération de prestataires de services RH, table sur une diminution du nombre de jobs en 2013, de l’ordre de 5 à 10 %. "On s’attend à ce que les contrats pour cet été suivent la tendance générale du marché de l’intérim, soit une baisse de 10 %", note Marc Vandeleene, PR&Communication manager de Manpower, qui rappelle qu’en 2012 près de 190 000 étudiants sont passés par l’intérim pour trouver un emploi. Une baisse de 10 % est aussi évoquée par Randstad. "Désormais, les clients étudient de façon détaillée l’utilité de remplacer ou non quelqu’un qui est en vacances", note Marc Vandeleene. "Les entreprises se décident aussi en dernière minute. Que les jeunes qui n’ont pas encore trouvé se rassurent, on va encore sûrement avoir des demandes."

Même attentisme du côté de l’horeca, un secteur qui a engagé en 2012 plus de 130 000 étudiants. "En 2011, nous avons connu une croissance importante, peut-être grâce à la nouvelle loi qui offre plus de souplesse", note Danny Van Assche, secrétaire général d’Horeca Vlaanderen, qui attend avec impatience une météo plus favorable. "L’impact du temps est crucial. Le secteur souffre pour l’instant. Les patrons sont dans l’attente. Certains pourraient même rompre des contrats. On a besoin de pouvoir embaucher en dernière minute s’il fait beau. Les étudiants offrent cette flexibilité. Même s’il faudrait plus de souplesse", estime Danny Van Assche, qui met en cause notamment le principe qu’une seule heure prestée un jour vaut pour une journée entière. "S’il fait beau demain, tout peut vite changer", se rassure le secrétaire général.

Optimisme

Du côté de la distribution, qui a engagé 156 000 étudiants en 2012, on se veut plus optimiste. "Nous avons enregistré une augmentation de 9 % du nombre de jobistes en 2012. Surtout en dehors de l’été. On s’attend à des chiffres identiques pour cette année", explique Peter Vandenberghe, responsable de la communication pour Comeos.

Stabilité aussi du côté de Walibi. "Nous engageons toujours autant d’étudiants car le nombre de postes à pourvoir reste le même", explique Caroline Crucifix, responsable de la communication de Walibi. Chaque saison, le parc engage 400 saisonniers et 400 étudiants. Et les trouve sans problème. "Nous avons reçu quelque 6 000 candidatures", précise caroline Crucifix. "Nous avons de plus en plus d’étudiants qui reviennent chaque année et auxquels nous donnons la priorité".

Pour sélectionner les bons candidats, Walibi travaille, depuis 2011, avec une méthode baptisée Smart. "Nous recherchons surtout des talents, des jeunes qui ont la bonne attitude, le bon comportement, qui sont motivés, responsables et orientés clients. Pour les tester, nous faisons passer les candidats par divers ateliers - comme la fabrication d’un instrument de musique - dans lesquels on peut vraiment voir comment ils réagissent", explique Caroline Crucifix, qui précise : "Le CV du jeune n’est pas essentiel. Par contre, les connaissances en langues sont un atout."

Les effectifs sont au complet aussi chez ING, qui engage chaque année quelque 200 jeunes de plus de 18 ans. "Cette année, nous en avons 183 du 1er juillet au 13 septembre. Avec la nouvelle législation, nous engageons aussi des jeunes pour Pâques. Nous en avons 18 cette année", explique Chantal Gelders, porte-parole d’ING Belgique. "Pour 50 % les étudiants que nous recrutons sont des enfants des membres du personnel. Nous donnons toujours la priorité aux jeunes qui n’ont pas encore travaillé chez nous", précise Chantal Gelders dont la banque recherche des jeunes "avec des profils variés. Mais avoir de bonnes connaissances en langues et en IT sont des qualités très prisées."

Engager des étudiants reste très attractif. Et pour les entreprises - qui bénéficient de réductions d’ONSS -, et pour les jeunes. "C’est une superbe opportunité d’acquérir de l’expérience", estime Marc Vandeleene. "Dans la recherche d’emploi, toutes les expériences sont importantes. Un étudiant qui travaille apprend des choses qui ne s’enseignent pas sur les bancs de l’école ou de l’université. Et cela en plus de l’aspect financier bien sûr."



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