Brussels Airlines veut davantage de femmes parmi ses cadres

- Publié le 20-11-2019 à 18h08
- Mis à jour le 03-12-2019 à 13h35

Attention, testostérone dans les airs : le secteur aérien a toujours été un milieu très masculin. "À part au niveau du personnel de bord, on n'y rencontre que très peu de femmes", explique un patron d'une compagnie aérienne.
Ce manque de présence féminine est même criant dans certains métiers, comme ceux de techniciens ou de pilotes.
Au sein du groupe Lufthansa, dont Brussels Airlines fait partie, seuls 6 % des pilotes sont de sexe féminin. Dès qu'on monte les échelons, les femmes se font aussi plus rares. Certains chiffres sont inquiétants : seuls 16 % des managers du groupe allemand sont féminins. Mais les choses vont changer, nous promettent les patrons des compagnies aériennes du Vieux Continent.
Lors du sommet européen de l'Iata qui s'est déroulé à Berlin ces mardi et mercredi, 30 compagnies se sont ainsi engagées à ce qu'au moins 25 % de leurs managers soient des femmes d'ici 5 ans. "Avec un chiffre de 24 %, nous y sommes déjà quasiment chez Brussels Airlines, se félicite la CEO Christina Foerster, l'une des rares patronnes du secteur. Mais nous allons encore augmenter ce chiffre, tout en accentuant la présence des femmes dans certains métiers."
Pilote transgenre chez Brussels Airlines
Pour la CEO de la compagnie belge, la diversité via le genre est "la plus visible", mais il en existe d'autres comme "la préférence sexuelle". Brussels Airlines vient, par exemple, d'engager un pilote transgenre, un homme qui a décidé de devenir une femme. "Il faut avoir beaucoup de courage pour assumer ce choix dans un milieu de pilotes encore très masculin", développe Mme Foerster.
Davantage qu'une pression venant de la société, amener de la diversité dans l'entreprise est, selon la CEO allemande de Brussels Airlines, avant tout une question de… "business". "Il a été prouvé que la diversité amène à prendre de meilleures décisions".
Des propos qu'approuve Martin Gauss, le patron d'Air Baltic. "Quand nous sommes en réunion uniquement entre hommes "alpha", la tension est souvent palpable : chacun veut avoir raison. Dès qu'une femme est présente, les hommes se calment et écoutent davantage. On passe d'un état d'esprit de concurrence à celui de collaboration".
Chez Brussels Airline, les résultats d'équipe sont ainsi davantage valorisés que le travail personnel. "Et plus une équipe est diversifiée, plus elle est efficace", explique sa patronne.
Sensibiliser dès l'école
Mais comment arriver à accentuer la place de la femme dans l'aérien, sans passer par un système de quotas ? Les patrons évoquent l'idée d'offres d'emploi plus ouverte, mais aussi d'encourager les femmes à postuler à certains postes jugés plus masculins. "Les hommes connaissent mieux les règles du jeu, ils ont tendance à davantage s'imposer", insiste Christina Foerster. Le patron d'Air Baltic a, lui, décidé de s'attaquer au problème "à la base" en sensibilisant les jeunes filles dès l'école ou l'université à ces emplois aériens.
Enfin, beaucoup de femmes mettent de côté leur carrière pour leur vie de famille. "Le problème est plus large : comment attirer des talents, tout en leur permettant de s'épanouir dans leur vie familiale ?", nuance Mme Foerster. Beaucoup de papas de la nouvelle génération veulent aussi être plus présents pour éduquer leurs enfants".
