Avec une plus-value de 1,9 million d'euros, Leansquare récolte les premiers fruits de ses investissements dans des start-up numériques
L'exercice 2021-2022 de Leansquare a été marqué par sept "exits", permettant au fonds lancé par Noshaq d'enregistrer ses premières plus-values.

- Publié le 19-10-2022 à 19h01
- Mis à jour le 19-10-2022 à 19h02

Huit ans. C'est le temps qu'il aura fallu à Leansquare, fonds d'investissement créé en 2014 par Noshaq (ex-Meusinvest) en vue de financer des start-up du secteur numérique, pour dégager des premières plus-values. Certes, avec un montant de 1,9 million d'euros récolté au terme de l'exercice 2021-2022 (clôturé au 30 juin), ce n'est pas encore le pactole. Mais, comme nous l'ont confié Laurent Burton (président de Leansquare) et Ben Piquard (CEO), il s'agit des premières plus-values "réellement significatives" réalisées depuis le lancement de Leansquare. Elles témoignent surtout de "la maturité de l'écosystème" généré par le fonds et de "la montée en gamme des projets" investis.
Qu'il ait fallu attendre huit ans pour récolter des premiers fruits n'a rien d'inhabituel. D'une part, Leansquare a fait le choix de se positionner comme fonds "early stage", c'est-à-dire investissant très tôt dans les start-up. La prise de risque est forcément importante (le taux d'échec des start-up est très élevé dans les deux à trois premières années). D'autre part, les investissements ont été réalisés dans des projets innovants de la "nouvelle économie", ce qui nécessite d'être à la fois patient (les produits ou les services développés par les start-up numériques suscitent rarement une adhésion immédiate des clients ciblés) et d'agilité (il faut souvent ajuster le tir en fonction des retours clients).
Focus sur trois secteurs prioritaires
Le fonds Leansquare, lui-même, a évolué au fil du temps. Jusqu'à l'année dernière, il se positionnait comme un fonds généraliste, avec des prises de participation ou l'octroi de prêts dans un éventail assez large de start-up. Mi-2021, une recapitalisation de Leansquare par Noshaq, à hauteur de 10 millions d'euros, s'était accompagnée d'une stratégie de spécialisation dans trois secteurs d'activité : les logiciels d'entreprises (Enterprise Software), le monde de l'Entertainment Tech (et, singulièrement, la "MusicTech" et le "SportsTech") et la thématique des transitions (écologiques, sociales et sociétales). Ces trois secteurs concentrent 70 % des investissements (lire ci-dessous). Leansquare en a aussi profité, il y a quelques mois, pour revoir la gouvernance interne du fonds en accueillant deux membres externes au sein du comité d'investissement : Bruno Wattenbergh (EY Belgium), à la présidence, et Anne Falier (UCLouvain).
"Nous avons aussi profité de notre installation à La Grand-Poste de Liège, en juillet 2021, pour nous recentrer sur l'activité historique de Leansquare, qui est d'investir dans des start-up", indiquent Laurent Burton et Ben Piquard. D'autres acteurs de l'écosystème (Eklo, VentureLab, Startit@cbc,…) sont là pour proposer des services complémentaires (accompagnement, accélération, coworking, etc.).
Des projets ambitieux et à haut potentiel
Spécialisation et ambition sont aujourd'hui les deux mots-clés de la stratégie d'investissement poursuivie par Leansquare. "On avait fait le constat, dès 2015-16, qu'il était nécessaire de se spécialiser dans certaines thématiques porteuses pour rester pertinent vis-à-vis des start-up, rappelle Ben Piquard, CEO du fonds depuis ses débuts. C'est ce qui nous avait poussés à fonder le programme Wallifornia MusicTech (qui a connu, cet été, une 6e édition très qualitative, NdlR). Cette logique de spécialisation permet de maximiser la valeur ajoutée et l'impact de Leansquare au bénéfice de tous les projets, avec une mutualisation intelligente de moyens et de partenaires. Elle a aussi tout son sens pour attirer de nouveaux projets". Comme évoqué plus haut, la logique MusicTech a été appliquée à trois autres domaines (SportsTech, Enterprise Software et Transitions).
Tout en continuant à jouer un rôle d'explorateur de "terra incognita", Leansquare a en outre fait le choix de soutenir un entrepreneuriat plus "ambitieux et à fort potentiel" (ce qui n'était pas toujours le cas dans les premières années du fonds). "Nous sommes passés du prêt-à-porter à du sur-mesure, appuie Laurent Burton. Ça se traduit par le fait d'investir dans un peu moins de projets, mais dans des projets plus matures qui tirent l'écosystème vers le haut".
Emergence de premiers "champions"
En huit années d'activité, Leansquare a investi un montant total de 26 millions d'euros (dont 18 millions en capital et le solde sous la forme de prêts). Le portefeuille comptait, au 30 juin, 43 sociétés (voir les détails ci-contre). "Quel que soit le contexte futur, soulignent Laurent Burton et Ben Piquard, notre thèse d'investissement sera de soutenir, financer et accompagner les projets ambitieux, concrets, ancrés et à impact, tout en visant la profitabilité du fonds à travers des investissements sélectifs et ciblés".
"Avec Leansquare, concluent-ils, c'est toute une génération d'entrepreneurs que nous souhaitons aider à devenir des champions susceptibles d'inspirer, de donner envie et de croire qu'en Wallonie, nous sommes capables de rêver grand". Au rang des premiers "champions" sortis de l'écurie Leansquare, ils citent Musimap, Dogstudio ou encore Efficy.
En chiffres
4,72 millions d'euros: c'est le montant que le comité d'investissement de Leansquare a proposé d'investir sur l'exercice 2021-2022 (clôturé au 30 juin), dont 3,05 millions en capital (65 %) et 1,67 million en prêts (35 %). Ce montant représente 18 % des investissements décidés depuis 2014-2015.
5: lors de l'exercice 2021-2022, cinq start-up ont intégré le portefeuille de Leansquare : aSmartWorld, Druw Audio, Inkcoming, Kargo Publishing et Raw Stadia. Dans le même temps, dix sociétés en sont sorties : Apptree (cession d'actions), Betrail (cession), Digiteal (cession), Dogstudio (cession), Efficy (cession), Esia (cession), La Forge-Coworking (liquidation), Musimap (cession), Pootsy (cession), Spark&Rocket (liquidation). Le portefeuille comptait 43 sociétés lors de la clôture de l'exercice. Depuis lors, Ecco Nova est arrivée alors que Mod Devices et Ping Pad sont sorties.
2: eux start-up sont le point de rejoindre le portefeuille de Leansquare : il s'agit de Plugnotes, start-up bruxelloise développée par Camille et Vincent de Bruyn (fille et père), et de ClimateCamp, jeune pousse anversoise.
