"Notre meilleur avantage, c'est le prix" : la start-up belge Satochip imagine des cartes à puces pour gérer vos cryptomonnaies
Satochip propose une carte à puce similaire à une carte bancaire qui permet de stocker ses cryptomonnaies. Cette fin août, la jeune pousse a bouclé son tout premier tour de table de près d'un demi million d'euros.
- Publié le 01-09-2023 à 09h58
- Mis à jour le 01-09-2023 à 12h58

Libre Eco week-end | La jeune pousse
"Sato" comme Satoshi Nakamoto, le groupe anonyme de personnes qui a créé le bitcoin. "Chip" comme une puce électronique en anglais. La jeune pousse namuroise Satochip propose des produits innovants, très simples d'utilisation et bien sûr sécurisés, pour stocker et gérer ses cryptomonnaies.
Né en 2015 de la collaboration entre Baudouin Collard (cofondateur et responsable technique) et Bastien Taquet (cofondateur et responsable business), le projet a déjà permis de commercialiser entre 1 500 et 2 000 produits depuis la création officielle de la start-up il y a deux ans. "D'abord un hobbie puis ensuite une véritable passion, notre projet a fini par aboutir à la création d'une société", sourit Bastien Taquet.
Cette fin août, Satochip a bouclé son tout premier tour de table à hauteur de 486 000 euros.
Indépendance vis-à-vis des plateformes d'échanges
L'entreprise a développé plusieurs produits pour l'instant principalement vendus aux particuliers, même si rien n'empêche un professionnel de les utiliser. Satochip propose d'abord un "hardware wallet", c'est-à-dire une carte à puce similaire à une carte bancaire qui permet de stocker ses cryptomonnaies. "C'est comme un portefeuille en cuir, mais sous la forme d'une carte, image Bastien Taquet. Ce portefeuille physique, peu encombrant, est plus sûr qu'un portefeuille logiciel qui peut malheureusement toujours être victime d'un virus sur l'ordinateur."
Autre avantage non négligeable, le propriétaire d'une carte n'est plus dépendant de la bonne santé des plateformes d'échanges de cryptomonnaies. En effet, de telles plateformes peuvent faire faillite, comme cela a été le cas récemment avec Bit4You. "Les plateformes d'échanges sont très bien pour acheter ou vendre des cryptomonnaies, mais pas forcément pour les stocker. Il est moins risqué de les conserver dans un portefeuille matériel", partage le responsable business de Satochip.

Peu encombrante mais donc facile à égarer... Quid si l'on perd sa carte Satochip ? "Notre deuxième produit baptisé "Seedkeeper" est une carte de back-up qui permet de restaurer son hardware wallet. Elle fonctionne un peu comme le code pin que vous utilisez pour accéder à votre compte bancaire", rassure Bastien Taquet. Un autre produit nommé Satodime est une carte cadeau. On peut facilement créer un portefeuille Bitcoin, Ethereum ou de la cryptomonnaie de son choix, le remplir d'un certain montant et l'offrir à un proche, une fois matérialisé sous la forme d'une carte Satodime.
25 euros par carte
Les deux principaux concurrents de Satochip sont Ledger, licorne française qui commercialise un hardware wallet sous la forme d'une petite clef USB, et le device du Tchèque Trezor. "Notre meilleur avantage, c'est le prix, appuie Bastien Taquet le cofondateur de la start-up namuroise. Chacun de nos produits est proposé à 25 euros, contre de 65 à 75 euros ailleurs. De plus, nous sommes parmi les seuls à intégrer la technologie NFC dans nos cartes. Cela permet de les utiliser avec un smartphone : on met la carte au dos du téléphone et sur l'écran on a directement accès au solde du compte. Ainsi, on peut facilement gérer la carte en ajoutant ou en retirant des cryptomonnaies."
Pour le moment, seule la carte cadeau Satodime dispose d'une application mobile et donc de la possibilité de tirer pleinement profit du NFC. L'un des objectifs du tour de table est justement d'accélérer le développement des suites logicielles pour mobile.
"Devenir une scale-up"
La levée de fonds réalisée auprès du fonds W.IN.G (Wallonia Innovation and Growth de Digital Wallonia) et d'une dizaine de business angels en grande partie membres du réseau BeAngels (dont Baudouin van Male et Brice Le Blévennec), a également pour but de booster le marketing en Europe et aux Etats-Unis. C'est dans ces deux zones que la majorité des cartes a pour l'instant été vendue. Satochip souhaite aussi recruter de nouveaux collaborateurs d'ici la fin de l'année, dont un chargé de marketing et ventes qui devrait rejoindre l'équipe prochainement.
La start-up ambitionne de "devenir une scale-up". Elle ne communique pas sur son chiffre d'affaires, ni sur ses objectifs de ventes.
A noter que le site web de Satochip est en pleine refonte et dévoilera son nouveau visage fin septembre.