Le nouveau patron de bpost Chris Peeters va-t-il toucher autant que chez Elia, soit 1,35 million d'euros par an ?
Chris Peeters a un profil expérimenté et reconnu. Le salaire devrait suivre chez bpost, lui qui a touché 1,35 million d'euros en 2022 chez Elia, le gestionnaire de réseau électrique.

- Publié le 08-09-2023 à 12h01
- Mis à jour le 13-09-2023 à 14h40

L'arrivée de Chris Peeters chez bpost prouve que l'entreprise arrive à recruter de gros profils, si l'on devait voir le bon côté des choses. La question qui se pose néanmoins, c'est comment celui qui dirigeait jusqu'à présent Elia et a touché un salaire de 1,35 million d'euros (dont plus de la moitié en "variable") pourrait accepter de rejoindre bpost, où le salaire du CEO précédent, Dirk Tirez, était aux alentours de 500 000 euros, en montant "fixe". Avec le variable, les primes, il a touché en tout plus de 960 000 euros en 2022.
Rappelons que la question du plafonnement des salaires dans les entreprises publiques est une ritournelle à chaque mouvement à la tête de celles-ci, et que des engagements ont été pris par les anciens Premiers ministres à ce sujet. Dont le plafonnement à 290 000 euros pour les entreprises publiques non cotées en Bourse et 650 000 pour les entreprises cotées, souvent plus soumises à la concurrence.
Le tout dans un univers ou les entreprises privées se montrent généreuses avec leurs dirigeants. Le patron d'AB Inbev touche par exemple plus de 7 millions d'euros par an. Mais la situation financière et le chiffre d'affaires n'est sans commune mesure avec bpsot.
"Le montant de base sera similaire. Le package est identique. Pour le variable, les primes sont en lien avec le marché"
Du côté de bpost, on nous affirmait jeudi, dans la foulée de la nouvelle nomination, que le montant du salaire a été convenu en accord avec le gouvernement. "Le montant de base sera similaire à celui des précédents dirigeants. Le package est identique". Et pour le variable ? "Les primes sont en lien avec le marché", nous dit-on, sans plus d'informations. Rappelons que plusieurs CEO se sont également rapidement succédés à la tête du groupe ces derniers temps.
Concurrence accrue et chute boursière pour bpost
Certes, la reprise de bpost dans une situation compliquée (concurrence forte dans la livraison de colis, chute des services postaux traditionnels, un cours de Bourse qui s'effondre depuis 2018, l'action passant de 28 euros en 2018 à 4,65 aujourd'hui) nécessite un profil solide, comme on peut l'entendre. Mais la gestion des deniers publics et le plafonnement de certains salaires se posent.
Comme indiquait La Libre dans un dossier spécial consacré sur le sujet, établir le lien entre le niveau de rémunération d'un dirigeant et l'importance de ses responsabilités, du poids de la société et de son utilité sociale est très complexe. Néanmoins, si l'on reste purement sur les chiffres, on est loin du plafond théorique répété sans trop de conviction par les différentes personnalités politiques. On est loin également des 240 000 euros de salaire du Premier ministre ou encore des 50 000 bruts de rémunération moyenne pour l'ensemble de la population belge. Mais comparons les pommes avec des pommes.
Top 3 des rémunérations de CEO d'entreprises détenues à plus de 50% par l'Etat:
- N°1: Chris Peeters, s'il conserve un salaire équivalent à ce qu'il avait chez Elia: 1,35 million d'euros (potentiel).
- N°2: Guillaume Boutin (Proximus): 1,25 million en 2022
- N°3: Marc Raisière (Belfius): 684 000 euros
Extrait du rapport annuel de bpost
