"BelBul", les vins belges effervescents : l'union fait la force
Les viticulteurs proposent un nouveau label de qualité, BelBul, qui doit soutenir sa notoriété naissante.

- Publié le 12-05-2025 à 17h51
- Mis à jour le 16-05-2025 à 15h04
Le titre résume à lui seul le chemin parcouru depuis l'implantation des premiers vignobles au début des années 90 : "Belgique, la naissance d'une nation du vin", mentionnait en "une" La Revue du vin de France dans son dernier numéro. Un bel hommage qui vient à point nommé alors que des viticulteurs du Nord et du Sud du pays se sont associés pour lancer le label BelBul, réservé, comme son nom l'indique, au vin effervescent.
La Belgique, il est vrai, est avant tout un pays de vins effervescents : ils ont représenté en 2023, dernière année de référence (2024 a été catastrophique), 1,8 million de bouteilles sur un total de 3,433 millions, soit plus de 50 % du total. La Région wallonne en est le principal producteur (1,2 million de litres) et, plus particulièrement, la province du Hainaut (800 000 bouteilles) grâce à Rufus et Chant d'Eole.
Ces deux domaines se retrouvent logiquement au sein de BelBul, une initiative conjointe de l'Association des Vignerons Belges – Wallonie et l'ASBL Belgische Wijnbouwers – Vlaanderen. À ce jour, 22 vignerons ont rejoint BelBul. Ce label garantit l'origine et la qualité du mousseux. "La production doit être effectuée en Belgique à partir de raisins cultivés chez nous, tout en utilisant la méthode traditionnelle", a résumé Lodewijk Waes, président de l'association flamande. Pour être BelBul, il faut également bénéficier d'une Appellation d'origine protégée (AOP). "Être une marque, ce n'est pas copier les autres. C'est donner au vin belge une reconnaissance à la hauteur de son potentiel. Et du potentiel, il en a", a assuré Vanessa Vaxelaire, présidente de Vignerons Belges-Wallonie.
Il n'en reste pas moins que BelBul n'a pas fait le plein pour le lancement, avec 22 "pionniers" sur la centaine de producteurs de vins mousseux. "Ce n'est pas un club fermé. C'est une marque appelée à rassembler", a encore ajouté Vanessa Vaxelaire. Il est vrai que le ticket d'entrée de 5 000 euros peut être dissuasif pour le producteur qui écoule 3/4 000 bouteilles de son mousseux localement. BelBul doit permettre de toucher plus facilement les marchés étrangers. "Les vins belges séduisent de plus en plus. Ils sont primés en concours et c'est une vraie fierté. Grâce à cela, ils s'exportent mieux", a relevé Anne-Catherine Dalcq, ministre wallonne de l'Agriculture (MR).
2025 s'annonce bien
"J'ai besoin d'aller vers l'exportation", explique Vincent De Busscher, du Domaine Mont des Anges (région montoise), dont la production est 100 % effervescente. "Or la Belgique n'avait pas de label en tant que tel. BelBul va nous aider". Comme pour tant d'autres viticulteurs, l'année 2024 est à oublier. "Nous avons produit 20 000 bouteilles, ce qui nous a permis de sauver les meubles. Nous avions aussi des vins de réserve". Le Domaine des Anges va en tout cas de l'avant avec une nouvelle cuverie.
"C'est intéressant d'avoir une marque forte qui peut être plus facilement reconnue par les consommateurs", ajoute Pierre-Marie Despatures, du Domaine du Chenoy (Emines, province de Namur), dont la production de mousseux représente 70 % du total. Il se veut relativement optimiste pour le millésime 2025. "Une année est gagnée quand le vin est dans les cuves, mais 2025 a parfaitement commencé. Le risque de gel semble passé. Souvent, les années en 5 et en 10 sont de très bonnes années".
BelBul ambitionne de bousculer les Prosecco, Cava et autres Champagne auprès des consommateurs belges. Reste que le prix est bien plus élevé que celui d'un Cava, par exemple, et avoisine facilement les 15-20 euros la bouteille. "Chaque produit a sa cible de consommateur. Il faut cibler le consommateur qui peut s'offrir une bouteille à ce prix. La qualité est tout à fait cohérente avec les prix qui sont proposés".
