L'outil télécom d'Elon Musk sème la pagaille dans le ciel
La compagnie United Airlines a suspendu l'usage de Starlink sur plusieurs de ses avions. En cause : le service Wi-fi d'Elon Musk.

- Publié le 10-06-2025 à 12h28
- Mis à jour le 10-06-2025 à 14h04

À 10 000 mètres d'altitude, tout est censé rouler comme sur des roulettes. Sauf qu'il n'y a pas de roulettes, et que pour rester en contact avec les contrôleurs aériens, les pilotes n'ont qu'un fil invisible : les ondes radio VHF. Ce lien, pourtant vital lors d'un vol, a été brouillé sur plusieurs avions d'United Airlines utilisés pour des vols régionaux. La cause ? Le Wi-Fi distribué par Starlink, le service d'Internet par satellite développé par SpaceX, l'entreprise d'Elon Musk.
Résultat : United a préféré jouer la prudence. "Par mesure de sécurité", la compagnie aérienne a suspendu l'usage du Wi-Fi Starlink sur les 24 appareils concernés.
Des sons parasites
Depuis peu, United Airlines équipe ses avions régionaux de l'antenne satellite de Starlink. Le service, qui s'appuie sur un maillage de milliers de satellites en orbite basse, séduit de plus en plus les compagnies aériennes, Air France notamment, pour ajouter un plus à l'expérience client. Sauf que dans le ciel, le confort a un prix. Et quand la technique s'en mêle, mieux vaut couper court que de laisser planer le doute. D'après The Wall Street Journal relayé par Presse-Citron, plusieurs pilotes ont rapporté des interférences : parasites, grésillements, voire messages rendus quasi inaudibles. À chaque fois, un point commun revenait : la présence du Wi-Fi Starlink activé.
Il faut malgré tout souligner que la cohabitation des technologies à bord d'un avion n'a que rarement été facile. Un appareil moderne, c'est une montagne de signaux, d'émetteurs et de récepteurs. Même si les fréquences exploitées par Starlink sont, sur le papier, bien éloignées de la VHF utilisée par les pilotes, des interférences croisées peuvent surgir. Tout dépend de l'architecture à bord : où passe tel câble, comment est-il blindé, quelle est la puissance du signal, etc.
C'est là qu'intervient le principe de compatibilité électromagnétique (CEM). Autrement dit : comment faire pour que chaque système ne vienne pas perturber les autres ? Dans un avion, c'est d'autant plus critique que la moindre perturbation peut avoir des conséquences en cascade.
Vers un retour à la normale ?
On l'aura compris, intégrer une nouvelle technologie dans un avion commercial est un long parcours de validation, d'essais, de certifications. Dans ce domaine, l'industrie aéronautique a tout intérêt à ne rien laisser au hasard. Et pour cause : chaque système ajouté doit prouver qu'il ne perturbe rien, surtout pas les canaux de communication avec la tour de contrôle.
En attendant, du côté de United, on se veut rassurant. "Il s'agit d'un phénomène relativement courant lorsqu'un nouveau fournisseur de Wi-Fi est intégré en vol", a déclaré la compagnie. Elle affirme qu'en tout cas, la sécurité n'a jamais été compromise et que ses équipes, en collaboration avec celles de Starlink, travaillent à un retour à la normale.
