Quelle est cette "position unique" sur laquelle mise ING pour développer le private banking ?
Après avoir fortement mis l'accent sur la réduction des coûts, la banque belge annonce une stratégie de croissance qui fait la part belle au private banking avec, comme cible, ses clients entrepreneurs.

- Publié le 31-07-2025 à 15h22
- Mis à jour le 31-07-2025 à 15h27

"Avant, l'accent était mis sur les coûts. Maintenant, c'est sur la croissance". Peter Adams, le CEO d'ING Belgique, a été clair, jeudi lors de la présentation des résultats semestriels, sur les priorités de l'institution. Et, dans cette stratégie de croissance, la banque privée va occuper une place centrale.
À l'instar de la plupart des autres grandes banques du pays, ING va développer une activité très rémunératrice pour laquelle elle a d'ailleurs créé une business unit. Mais comment se différencier de la concurrence ? Cette priorité n'est-elle pas peu originale ? "C'est vrai, reconnaît Peter Adams, mais ce qui est unique, c'est notre position dans le segment des entrepreneurs où nous avons une part de marché de 20 % alors qu'on est bien en dessous en termes de private banking. L'idée est d'élargir notre offre de services auprès des entrepreneurs. On veut développer cette relation professionnelle pour leurs avoirs privés".
Une nouvelle "private banking house" à Knokke
Pour réaliser ses ambitions, ING a notamment déjà recruté 50 banquiers privés en une année et ne compte pas s'arrêter là, sachant qu'elle se montre exigeante "sur le niveau d'expertise". Parmi les autres initiatives concrètes, la banque, qui cible les patrimoines d'au moins 500.000 euros, va aussi ouvrir un nouveau private banking house à Knokke.
Faut-il aussi en déduire qu'il n'y a plus de gras en matière de réduction coûts ? "Je suis convaincu qu'il n'y en a plus. Par contre, les mesures pour contrôler les coûts restent d'application et primordiales", répond le CEO. La banque, qui a fortement restructuré son réseau au cours des dernières années au risque, d'ailleurs, de donner l'impression d'un manque d'accessibilité, ne compte plus que 150 agences. "Je ne vois pas de raison de recalibrer le réseau. On a toujours besoin de 150 agences", assure le CEO. Tout en reconnaissant qu'il y a encore de la marge pour améliorer la relation avec les clients, surtout sur le concept de "make banking simple (rendre la banque simple, NdlR), qui n'est pas encore une réalité".
Quid du compte à terme à 3,80 % ?
Côté résultats, ING Belgium annonce un bénéfice avant impôts en baisse de 33 % à 406 millions d'euros, pâtissant d'un contexte de taux d'intérêt moins favorable. "Le taux directeur de la BCE est passé de 4 % au premier semestre 2024 à 2 % un an plus tard", a rappelé le CFO Hans De Munck. La baisse des revenus des intérêts n'a pas pu être compensée par la hausse des revenus de commissions. Hans De Munck a assuré que c'est le volume des commissions qui a augmenté et pas les tarifs.
Le lancement du compte à terme à un an au taux promotionnel de 3,80 %, en septembre 2024 (pour capter l'argent du bon d'Etat), a eu un effet négatif "bien connu" sur les résultats. "Je suis convaincu que les clients qui ont souscrit à ce compte vont rester chez nous mais en choisissant peut-être d'autres produits, par exemple des fonds de placement. On n'est plus dans un contexte attractif pour les comptes à terme", a souligné Peter Adams. Les clients devraient donc être réorientés vers des produits "simples" qui apportent "une certaine garantie de rendement tout en ayant un potentiel de hausse".
