Captation carbone : la Flandre et la Wallonie signent un premier accord commun historique
Pour la première fois, les deux Régions et les principales entreprises industrielles s'engagent ensemble à soutenir le captage, le transport et le stockage du CO₂.
- Publié le 06-11-2025 à 19h04

Les gouvernements flamand et wallon ont conclu pour la première fois un accord avec les entreprises sur le captage, le stockage et le transport du dioxyde de carbone (CO₂). Dans une déclaration commune, ils s'engagent à tout mettre en œuvre pour que les investissements nécessaires soient réalisés dans notre pays.
La déclaration a été signée jeudi chez le fabricant de matériaux de construction Holcim à Obourg (Mons) par le ministre-président flamand Matthias Diependaele et le ministre-président wallon Adrien Dolimont. "Les pouvoirs publics et les entreprises envoient un signal fort : la Flandre et la Wallonie veulent être des pionnières en matière de CSC (captage, stockage et transport du carbone)", déclare Frank Beckx, administrateur délégué de Voka. "Un cadre pour les investissements futurs dans le captage du carbone est essentiel si nous voulons offrir un avenir à l'industrie ici. Le captage du carbone va créer une nouvelle chaîne de valeur avec de nouveaux emplois et une valeur ajoutée supplémentaire pour notre économie", ajoute M. Beckx.
Il faut avant tout donner à notre industrie les moyens de se décarboniser, et non pas lui imposer des objectifs toujours plus stricts."
Un "signal politique clair"
Outre les ministres-présidents de Flandre et de Wallonie, les CEO de 17 entreprises industrielles et les administrateurs délégués de Voka et d'AKT for Wallonia étaient également présents jeudi à Obourg. Les entreprises présentes représentent ensemble la majeure partie des émissions industrielles de CO₂ en Belgique. Il s'agit principalement d'émissions difficiles à réduire et pour lesquelles le captage du carbone est la solution la plus logique. "Si ces entreprises poursuivent leurs projets de CSC en Flandre et en Wallonie, au moins 7,5 millions de tonnes de CO₂ ne seront plus rejetées dans l'atmosphère chaque année", selon Voka.
"Avec cette réunion, nous envoyons un signal politique clair", déclare le ministre-président flamand Matthias Diependaele. "Il faut lutter contre le changement climatique par des mesures et des actions concrètes. Pour ce faire, il faut avant tout donner à notre industrie les moyens de se décarboniser, et non pas lui imposer des objectifs toujours plus stricts."
Mercredi, les ministres européens de l'Environnement sont parvenus à un accord visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l'Union européenne de 90 % (par rapport à 1990) d'ici 2040. La Belgique s'est abstenue lors du vote, principalement sous l'impulsion de la Flandre. "L'ambition européenne de réduire les émissions de 90 % d'ici 2040 doit, selon nous, aller de pair avec une industrie forte et tournée vers l'avenir", a déclaré M. Diependaele. "Les textes sur le climat adoptés par le Conseil européen ne nous ont pas donné suffisamment de garanties quant au maintien et, de préférence, au renforcement de la compétitivité de notre industrie. La Flandre continue à soutenir l'industrie par de nombreuses actions ciblées dans le cadre du Plan industriel, telles que les contrats de transition et le Saut climatique pour l'industrie, sans perdre de vue le facteur de durabilité, mais avec la garantie que les entreprises peuvent continuer à produire et à innover ici."

