L'immobilier de luxe se met aussi au diapason des JO de Paris, avec des tarifs jusqu'à 3 fois plus élevés
Libre Immo | Les Jeux, comme sur le marché classique, font grimper les prix du luxe.
- Publié le 18-04-2024 à 11h18

"Jusqu'à 200 000 euros la semaine pour des biens de 600 m²" : l'immobilier de luxe s'est mis au diapason des Jeux olympiques dans la capitale française, avec un engouement du côté de l'offre mais une demande encore timide, observent les professionnels du marché.
"Il y a eu une première petite salve de réservations mi-décembre qui s'est arrêtée assez vite", indique Richard Tzipine, directeur général du réseau d'agences immobilières de luxe Barnes. "Aujourd'hui, les réservations sont encore rares. On s'attend à ce que ça se déclenche dans les semaines qui viennent, ça a l'air de s'aligner avec ce que Londres a vécu il y a douze ans, des réservations qui commencent relativement tard", poursuit le dirigeant. Il pense ce que la demande décollera "dans les deux mois qui viennent."
Côté offres, comme sur la plateforme de location de logements entre particuliers Airbnb où de nombreux Parisiens ont posté une annonce pour leur appartement à des prix souvent élevés, les plus fortunés se sont tournés vers Barnes, pensant "pouvoir faire des affaires exceptionnelles", raconte Richard Tzipine. "On refuse chaque semaine des appartements qui sont très bien mais on souhaite se limiter pour pouvoir offrir un service de très haut niveau", en sélectionnant à peu près 200 mandats qui concernent "de grands appartements, avec trois chambres, magnifiques, de 150 m² au moins (avec quelques exceptions), des hôtels particuliers, des maisons…", détaille-t-il.
"Ce sont des résidences principales de gens qui se disent qu'ils vont s'installer dans leur résidence secondaire pendant deux mois d'été. Ils savent qu'il y aura une sélection très forte pour la clientèle qui viendra s'installer et une vigilance à tous égards (de la part de l'agence mandatée) pour conserver l'appartement dans son intégrité", assure-t-il.
Un tarif 2,5 à 3,5 fois plus élevé
Dans la catégorie luxe du site Internet d'Airbnb, quelques biens sont à louer pendant la période des Jeux, du 26 juillet au 11 août, avec une grande disparité de prix : un appartement de 120 m² à côté du Panthéon pour 1 200 euros la nuit quand un autre de 235 m² avenue Montaigne affiche le prix stratosphérique de 11 800 euros la nuit.
"On vend un peu plus cher pendant les JO", à un tarif "2,5 fois" plus élevé, admet Raphaël Lorin, cofondateur d'Archides, une agence qui gère des appart-hôtels haut de gamme. "Comparé à l'année dernière, sur une base 100, on vend à 240. Mais les trois semaines avant les Jeux olympiques, on vend à 80", nuance-t-il.
Selon Richard Tzipine, "globalement en moyenne, on a le sentiment" que les prix du marché grimpent jusqu'à "3,5 fois le prix de la location" habituel. "Nous, on essaie de se limiter à trois fois, puisqu'on part de prix déjà élevés."
Côté clients, "c'est relativement similaire à la clientèle habituelle, qui vient à près de 80 % du Royaume-Uni et des États-Unis", selon Archides, mais leur séjour "est légèrement plus long que d'habitude." "On a des réservations de parents d'athlètes qui viennent très fièrement soutenir leur progéniture", poursuit le cofondateur de cette agence qui a 130 implantations dans Paris, dont deux tiers dans des monuments historiques ou classés.
Selon Barnes, le budget de cette clientèle de standing tourne autour de 40 000 euros par semaine.
"Seul un bien au bon prix se loue. Les propriétaires décident certes du tarif mais il ne faut pas tomber dans l'excès", explique Max Aniort, cofondateur du groupe de location de maisons de luxe Le Collectionist, interrogé par le journal français le Figaro.
Des services
Pour justifier leurs tarifs, les spécialistes de l'immobilier de luxe mettent aussi en avant leur service : "IOn propose des services cinq étoiles : une conciergerie, une hotline 24 heures sur 24, l'organisation d'événements (par exemple, un anniversaire dans un endroit sympa), des accès prioritaires à des restaurants plutôt élitistes, une baby-sitter éventuelle, un chauffeur éventuel" ou encore une aide aux déplacements, "qui sont compliqués à cette période…", énumère Richard Tzipine.

