De combien peut-on désormais négocier un bien immobilier par rapport au prix demandé ?
Dans son bilan 2024, l'agence ERA précise également le temps qu'il faut pour vendre un bien immobilier, à Bruxelles, en Wallonie et Flandre.

- Publié le 10-01-2025 à 13h39
- Mis à jour le 17-01-2025 à 12h07

On le sait, l'année 2024 ne restera pas dans les annales pour le marché immobilier, la reprise n'ayant été que très modeste après un exercice 2023 assez catastrophique (vu du côté des vendeurs) en termes d'activité immobilière et d'évolution des prix. Mais quel est l'impact de ces deux "mauvaises années" sur la capacité de négociation (des candidats acheteurs) par rapport au prix demandé et sur le temps que met un bien immobilier à se vendre ? Dans son "Baromètre" annuel, ERA, l'une des plus grandes agences immobilières du pays – avec quelque 10 500 transactions en 2024 – donne des éléments de réponse.
1. La capacité de négociation
Sur ce plan, des différences relativement légères apparaissent entre les trois Régions du pays.


C'est en Flandre – où le "ratio prix de vente/prix demandé" est de 93,6 % – que la différence entre le prix demandé par le vendeur et le prix finalement payé par l'acheteur est la plus sensible (plus de 6 %). C'est donc au nord du pays que les prix sont davantage sous pression actuellement, davantage qu'à Bruxelles (ratio de 95,1 %) et en Wallonie (96,1 %) où les acheteurs ne parviennent pas à faire baisser le prix de plus de 5 %.
Il faut cependant noter que cette capacité de négociation évolue plutôt à la hausse, dans les trois Régions, depuis la flambée immobilière qui a entouré la crise du Covid, au tournant des années 2020. À l'époque, la différence entre le prix demandé et le prix de vente final était devenue quasi-nulle, notamment en Wallonie. Ce n'est plus le cas aujourd'hui et tout indique que cette tendance devrait se poursuivre, en particulier pour les biens les plus énergivores, disposant d'un label PEB de moindre qualité. Voilà donc plutôt une bonne nouvelle pour les acheteurs, dans un contexte de prix qui restent relativement stables.
"L'époque où une maison se vendait après une première visite ou sur base de photos en ligne est révolue.
2. Le temps qu'il faut pour vendre un bien
Là aussi, des différences apparaissent entre les trois Régions, plus marquées d'ailleurs qu'en ce qui concerne la capacité de négociation. "L'époque où une maison se vendait après une première visite ou sur base de photos en ligne est révolue. En 2024, le délai moyen pour vendre une maison en Wallonie était de 114 jours", précise Emmanuel Deboulle, Business Development Manager et porte-parole chez ERA du côté francophone. "C'est donc beaucoup plus que lors du boom immobilier des années (post-)Covid – 92 et 88 jours en 2021 et 2022", remarque-t-il.
Mais ce délai entre la mise en vente et la signature du compromis s'est encore davantage allongé à Bruxelles – essentiellement pour les appartements qui représentent la grande majorité du marché : ce délai atteint aujourd'hui près de 5 mois (142 jours), alors qu'il était inférieur à 3 mois (84 jours) en 2018. Attention, toutefois : ce n'est pas seulement un marché au ralenti qui explique notamment cela mais une raison plus technique, selon le responsable d'ERA : "Auparavant, Il ne fallait patienter qu'une dizaine de jours après l'acceptation de l'offre pour signer un compromis chez le notaire. Mais, à Bruxelles, ce délai s'est fortement allongé et il n'est pas rare de devoir attendre deux mois avant de signer le compromis, étant donné la lenteur des notaires dans la capitale", signale Emmanuel Deboulle.


Ceci dit, comme pour la capacité de négociation, le temps nécessaire pour vendre un bien dépend évidemment beaucoup de la catégorie dont il fait partie : "Si on veut vendre un bien qui a un PEB A ou B, il y a parfois une dizaine d'acheteurs qui se présentent dans les heures qui suivent sa mise sur le marché", souligne encore le responsable d'ERA.