La baisse des droits d'enregistrement pousse-t-elle déjà les prix de l'immobilier wallon à la hausse ?
Selon Century 21, le mois de janvier a vu une forte reprise des transactions et des visites.

- Publié le 28-01-2025 à 08h09

"La baisse du taux des droits d'enregistrement de 12,5 à 3 %, est à peine entrée en vigueur que les agents immobiliers constatent déjà une quasi-multiplication par deux des ventes par rapport à fin 2024". Telle est la conclusion que dresse le groupe d'agences immobilières Century 21 Benelux d'une première analyse du marché immobilier wallon, un petit mois après l'entrée en vigueur de la mesure de baisse des droits d'enregistrement. Une baisse prévue en cas d'achat d'un premier logement mais aussi prévue pour ceux qui achètent une seconde habitation, à condition de revendre la première dans les 3 ans.
Les jeunes acheteurs de retour
Pour Century 21, cette mesure a véritablement boosté le marché wallon. "De nombreuses agences immobilières ont constaté, au cours de ces dernières semaines, une hausse de près de 70 % du nombre de visites. Il est encore trop tôt, bien sûr, pour tirer de grandes conclusions mais nous constatons une tendance réelle à la hausse. Les gens, et principalement les jeunes acheteurs, s'intéressent à nouveau au marché de l'immobilier. Cette constatation ne concerne pas uniquement une ou deux agences. Toutes les agences sont arrivées au même constat, indique Laurent Lejeune, CEO de Century 21 Benelux. Et les biens qui étaient déjà en vente en 2024 ont à nouveau connu un certain engouement en ce début d'année". "Pour le mois de janvier, qui est généralement un mois relativement calme, nous pouvons déjà parler, sans trop nous avancer, d'une quasi-multiplication par deux du nombre de compromis signés par rapport à décembre 2024", ajoute Patrick Corvers, Business Development Manager chez Century 21 Benelux.
Conclusions un peu hâtives, voire exagérées ? Tout le monde ne fait pas preuve du même enthousiasme à propos de la reprise de l'immobilier wallon, en 2025. "Il est trop tôt pour tirer déjà un bilan, nuance Kim Ruysen, CEO de Trevi Group. Il est clair qu'un certain rattrapage est en cours actuellement. Notamment parce que le marché a été un peu à l'arrêt durant les derniers mois de 2024, dans l'attente de certitudes, sur le plan juridique, quant à l'entrée en vigueur de la baisse des droits d'enregistrement. Fin 2024, beaucoup d'acheteurs exigeaient explicitement, dans le compromis, que l'acte de vente ne soit pas passé avant le 1er janvier, pour être sûrs de bénéficier des droits d'enregistrement réduits. Il y a donc eu, assez logiquement, un rattrapage et plus de transactions durant les dernières semaines – d'autant que janvier est un mois durant lequel le marché tourne un peu au ralenti, généralement. Mais de là à parler de doublement, c'est sans doute un peu excessif".
Pas d'euphorie !
Le son de cloche est similaire du côté des notaires : "Nous constatons, effectivement, un regain de dynamisme du marché, au niveau des actes, en particulier pour le segment de l'immobilier existant, étant donné que la fiscalité (21 % de TVA, NdlR) n'a pas changé pour l'immobilier neuf. Il y a effectivement plus de demandes de visite dans les agences immobilières, plus d'offres qui sont transmises certainement aussi. Mais une véritable euphorie, c'est quelque chose que nous ne ressentons pas pour le moment", commente Renaud Grégoire, notaire à Wanze et porte-parole de la fédération du secteur, Fednot.
Qu'a-t-on constaté quand la Flandre a baissé les droits d'enregistrement sur son territoire? Que les prix ont commencé à monter plus fort qu'en Wallonie ou à Bruxelles.
Reste une question : la nouvelle donne en matière de droits d'enregistrement et la reprise qu'elle provoque pourraient-elles créer un effet d'aubaine pour les propriétaires vendeurs, qui pourraient revoir leur prix de vente à la hausse ? "Pour le moment, ce n'est certainement pas le cas, répond Renaud Grégoire. Notamment parce que le marché immobilier dépend, aussi, beaucoup de la situation économique globale et que celle-ci reste délicate pour le moment", répond Renaud Grégoire.
C'est aussi l'avis de Kim Ruysen (Trevi). Mais il nuance toutefois son jugement en imaginant comment le marché pourrait évoluer à moyen ou plus long terme. "Les droits d'enregistrement réduits amènent plus de dynamisme sur le marché. Non seulement chez ceux qui achètent un premier logement en Wallonie mais aussi pour ceux qui hésitaient à revendre le leur et acheter un nouveau bien. Or, qu'a-t-on constaté quand la Flandre a fait la même chose et baissé les droits d'enregistrement sur son territoire (d'abord de 12,5 % à 6 %, puis à 3 %, et maintenant à 2 %, NdlR) ? Que les prix ont commencé à monter plus fort qu'en Wallonie ou à Bruxelles. Pas vraiment parce que les propriétaires entendaient augmenter leur prix de vente. Mais parce que le marché lui-même s'adaptait à la hausse. Pourquoi ? Parce que les biens étaient plus accessibles, qu'il y avait donc plus de candidats acquéreurs et qu'on constatait davantage de surenchères pour un même bien. Si les taux hypothécaires restent favorables, cette 'auto-adaptation' du marché et des prix à la hausse devrait aussi avoir lieu en Wallonie", estime le CEO de Trevi.
