Hausses de prix en vrac, pension à 66 ans, baisse des droits d'enregistrement... Ce qui change - et ce qui aurait dû changer - en 2025
Voici les changements attendus en Belgique pour 2025, compte tenu des retards dans les négociations gouvernementales, notamment en matière de fiscalité, de pensions et d'emploi. Où des changements plus significatifs sont attendus pour 2026.

- Publié le 01-01-2025 à 14h45

Il y a ce qui change au 1er janvier 2025. Les hausses tarifaires habituelles et autres ajustements réglementaires – rien de fondamental, à l'exception peut-être de l'élévation, attendue de longue date, de l'âge de la pension légale à 66 ans. Mais ce 1er janvier 2025 aurait dû, en principe, être marqué par une série de transformations plus ambitieuses orchestrées par l'Arizona. Oui, mais voilà.
Entre l'euphorie des premiers jours, où les observateurs se réjouissaient de la perspective d'un gouvernement de centre-droit rapidement mis en place, et une forme de lassitude palpable autour de la table des négociateurs après six mois de pourparlers éprouvants, la Belgique a perdu une année précieuse. Il est inutile pourtant de rappeler l'ampleur de la tâche qui attend le futur exécutif, singulièrement sur le plan budgétaire.
Malgré des relations tendues autour de la table des négociations, le formateur Bart De Wever a, pour la première fois, fixé un terme à sa mission: si aucune avancée significative n'est réalisée dans les prochaines semaines, il rendra son tablier fin janvier, après avoir sollicité une ultime prolongation le 7 janvier.
Le contours des réforme est globalement connu depuis que les fameuses supra nota socioéconomiques ont fuité dans La Libre en août et novembre. Les charges sur le travail devraient être allégées, compensées par une augmentation des taxes sur la consommation et un alourdissement de la charge fiscale pesant sur les "larges épaules". Cette dernière option est devenu le point névralgique de la négociation. Les moyens d'impliquer davantage les personnes aux revenus élevés – taxation des plus-values, augmentation de la taxe sur les comptes-titres, révision de l'architecture fiscale – sont nombreux. Mais ils ne font pas l'unanimité.
Accès à la pension rendu plus difficile
L'accès à la pension sera, quant à lui, durci. Il serait ainsi question de restreindre la possibilité d'assimiler des périodes sans travail effectif (chômage, crédit-temps, etc.) dans le calcul des droits à la pension.
Des mesures devraient également être prises pour réduire le nombre toujours croissant de malades de longue durée – c'est le problème social plus pressant auquel la Belgique est confrontée. À ce jour, plus de 530 000 personnes sont en incapacité de travail depuis plus d'un an – dont 500 000 salariés et 32 000 indépendants, sans compter les fonctionnaires, pour lesquels les données sont difficiles à obtenir.
Il ne nous reste donc plus à espérer que, en décembre 2025, le "ce qui change en 2026" se révèle bien plus substantiel que le menu des changements attendu en 2025. Et que La Libre vous présente.
Social - L'âge de la pension relevé à 66 ans, mesure qui date du Gouvernement Michel
À politique inchangée, on sait que le vieillissement de la population, qui pèse sur les dépenses sociales (de santé et de pensions) alourdit le budget de 1 à 2 milliards d'euros par an jusque 2040, date à laquelle l'effet du papy-boom commence à décliner. De 2025 à 2040, ce sont donc des dizaines de milliards qui viendront gonfler la facture. C'est pour cette raison que le relèvement de l'âge légal de la retraite a été décidé en 2015 : alors fixé à 65 ans, il passera à 66 ans ce 1er janvier 2025 et à 67 ans le 1er janvier 2030. Concrètement, les travailleurs de 65 ans qui comptent 42 années de carrière pourront eux demander une pension anticipée, comme ceux de 64 et 63 ans.
La réforme des pensions votée en 2024, sous la dernière législature, prévoit également la mise en place d'une condition supplémentaire de travail effectif pour l'accès à la pension minimum. À partir du 1er janvier, 5 000 jours de travail effectif pour les travailleurs à temps plein seront nécessaires pour ouvrir le droit à cette pension minimum, ce qui correspond à un tiers de la carrière complète. Pour les travailleurs à temps partiel, cette condition sera de 3 120 jours. Elle atteint par ailleurs 189 mois en cas de carrière de fonctionnaire et 64 trimestres si le travailleur a uniquement une carrière d'indépendant. Le calcul en jours travaillés au cours de la carrière permet de protéger celles et ceux qui ont une carrière plus irrégulière, principalement les femmes, l'un des objectifs de la Vivaldi. Les congés de maternité, d'allaitement, les crédits-temps pour soins palliatifs et pour assistance médicale ou encore le chômage temporaire comptent notamment comme jours de travail effectif.

Les premiers bonus pension pourront également être versés aux personnes qui partiront à la retraite à partir du 1er janvier 2025. Ce bonus pension, qui peut être constitué depuis le 1er juillet dernier, s'adresse aux personnes en âge d'être pensionnées mais qui continuent à travailler. Pour chaque année de travail supplémentaire, le travailleur se constituera un bonus. Celui-ci s'élèvera à 314,58 euros par mois de services réellement prestés au cours de la première année de référence, de 629,17 euros par mois la deuxième année et, enfin, de 943,75 euros la troisième année. Au total, les travailleurs qui prolongeront leur carrière de 3 années de travail auront donc droit à un montant total de 22 650 euros nets. Le bonus pension est accessible aussi bien aux salariés qu'aux indépendants et aux fonctionnaires. En 2025, l'âge minimal pour avoir droit à une pension de survie en cas de décès du conjoint passe par ailleurs de 49 ans et 6 mois à 50 ans.
Immobilier - Les droits d'enregistrement passent de 12,5 % à 3 % en Wallonie
En plein marasme budgétaire, la mesure, qui coûtera 250 millions d'euros à la Région en 2025, ravira cependant surtout les candidats à l'acquisition d'un bien immobilier. D'autant plus si la valeur du bien est élevée.

À partir du 1er janvier, les acquéreurs d'une habitation propre et unique en Wallonie ne paieront en effet plus que 3 % de droits d'enregistrement, contre 12,5 % actuellement. Le taux réduit de 3 % s'applique sur la valeur de l'acquisition hors frais, tandis que l'habitation est considérée comme propre à la condition d'y installer sa résidence principale. Il convient de s'établir dans la nouvelle habitation dans un délai de trois ans s'il s'agit d'une habitation déjà construite et de cinq ans pour un terrain à bâtir sur lequel est ensuite érigée l'habitation. Pour bénéficier de la réduction, les acquéreurs doivent rester dans la nouvelle habitation trois années entières à compter de leur installation. Parallèlement, les divers régimes qui coexistaient jusqu'à présent pour favoriser l'accès au logement seront supprimés. C'est le cas de l'abattement primo-acquérant, du chèque-habitat et du taux réduit pour habitation modeste. La mesure affiche l'ambition d'aider les jeunes adultes à acquérir un bien immobilier plus facilement.
Fiscalité - Un soutien fiscal pour les entreprises qui investissent en faveur de la transition
Les entreprises belges qui procèdent à des investissements en faveur de la transition climatique et énergétique bénéficieront d'un soutien fiscal accru à partir du 1er janvier. Elles pourront notamment bénéficier d'une déduction de 40 % pour leurs investissements durables en matière de climat et d'environnement, d'énergie ou encore de mobilité. Concrètement, les entreprises pourront déduire de leur base imposable une quotité des investissements durables effectués pendant l'exercice. Le mécanisme aboutit à une baisse d'impôt, permettant aux entrepreneurs de récupérer une partie de leurs investissements. La déduction majorée pour les investissements durables dans les domaines de la mobilité, de l'énergie, de l'environnement passera à 40 % pour les indépendants et les PME, ainsi qu'à 30 % pour les grandes entreprises. Exemples ? Isoler des bâtiments, installer une pompe à chaleur pour se chauffer ou développer une politique cyclable pour les travailleurs.
Emploi - Le quota d'heures pour les jobs étudiants redescend de 600 à 475 heures par an
Le quota d'heures pour les jobs étudiants sera réduit à 475 heures par an à partir du 1er janvier 2025, selon l'Office national de sécurité sociale (ONSS). En 2023 et 2024, le gouvernement fédéral avait relevé ce contingent à 600 heures par an, comme mesure de soutien face aux conséquences de la pandémie de Covid. L'an prochain, le quota reviendra ainsi à son niveau initial. Ces heures peuvent être réparties librement au cours de l'année, auprès d'un ou de différents employeurs. Le compteur d'heures de travail est remis à zéro au début de chaque année civile. Pour ce contingent d'heures, les cotisations sociales sont réduites. Si l'étudiant travaille davantage que le quota prévu pour l'année civile, les heures prestées en plus sont soumises aux cotisations ordinaires de sécurité sociale. Le dépassement du contingent peut, dans certains cas, également mener au retrait du droit aux allocations familiales.
Assurance-groupe - Enfin un taux garanti plus élevé pour les pensions complémentaires
Les employeurs devront garantir un rendement de plus de 1,75 % pour les cotisations d'assurance-groupe de leur personnel pour la première fois depuis 2015. La garantie de rendement légale grimpera à 2,5 % à partir du 1er janvier. Ce taux de rendement minimum protège les travailleurs des fluctuations du marché. Auparavant, la loi sur les pensions complémentaires prévoyait un taux d'intérêt garanti de 3,75 % sur les contributions personnelles et de 3,25 % sur les contributions patronales. Le contexte des taux d'intérêt bas a toutefois rendu ce taux minimum insoutenable. Les partenaires sociaux ont dès lors mené une réforme du système, liant le rendement des assurances de groupe à celui des obligations de l'État belge à 10 ans. Depuis 2016, le taux d'intérêt est calculé annuellement et doit être compris entre 1,75 et 3,75 %. Ce taux d'intérêt minimum n'a toutefois jamais dépassé 1,75 % depuis le début de la réforme. Cela changera donc à partir du 1er janvier 2025, il sera porté à 2,5 %. Face à ce coût, la Fédération des entreprises (FEB) a demandé un (nouveau) cadre légal.
Énergie - Des coûts de distribution en hausse…
Côté wallon, les tarifs périodiques de distribution pour l'électricité et le gaz augmenteront de 14 % en moyenne en 2025, par rapport à 2024. Pour l'électricité, cette hausse moyenne de 14 % concerne le client-type résidentiel, disposant d'un compteur bihoraire et affichant une consommation annuelle de 3,500 kWh. S'agissant du gaz, la hausse moyenne est calculée pour le client-type résidentiel qui consomme annuellement 17,000 kWh.
Côté bruxellois, idem, les tarifs de distribution de l'électricité et du gaz à Bruxelles augmenteront à partir du 1er janvier. Pour avoisiner les 50 euros par an. Il faudra en outre débourser un montant spécifique pour renforcer un point de raccordement afin de placer une borne de recharge électrique ou installer une pompe à chaleur. Pour un client moyen, les frais de distribution et de transport augmenteront d'environ 67 euros entre 2024 et 2025, soit 5,6 euros par mois.

Economie - Titres-services : hausse de 20 centimes en Wallonie et à Bruxelles et d'un euro en Flandre
Les tarifs des titres-services augmenteront dès le 1er janvier 2025 dans les trois Régions du pays. Une indexation de 20 centimes minimum est prévue en Wallonie et à Bruxelles, tandis que la hausse sera d'un euro en Flandre. La plus forte augmentation concerne le nord du pays, avec un coût qui passe de 9 à 10 euros. Les utilisateurs qui échangeront des titres de 2024 en 2025 devront également payer ce supplément. En outre, sa déductibilité fiscale (1,80 euro par chèque) disparaît. En Wallonie, une indexation semestrielle du titre-service, qui avait déjà été augmenté à 10 euros début 2024, est prévue dans la loi. Ainsi, dès le 1er janvier 2025, les titres-services grimperont de 20 centimes et passeront à 10,20 euros (pour les 175 premiers chèques acquis par année civile), 11,20 euros (entre 176 et 400 chèques) et 12,20 euros (entre 401 et 500 chèques). Les titres-services achetés en 2024 restent par ailleurs utilisables en 2025. Cette indexation, annuelle cette fois, est également prévue en Région bruxelloise. Ainsi, la hausse prévue le 1er janvier 2025 pour les 300 premiers titres-services acquis en 2025 sera de 20 centimes, pour un tarif de 10,20 euros. Le prix passera à 12,40 euros, soit 40 centimes de plus qu'en 2024, au-delà du 301e chèque acquis. Là encore, les titres-services achetés en 2024 seront toujours utilisables l'an prochain. La déduction fiscale de 15 % ne change pas non plus.

Economie - Timbres, télécoms,…. : des hausses de prix en vrac
Les tarifs des timbres-poste et pour l'envoi de colis seront plus élevés de 2 à 5 % en moyenne à partir du 1er janvier 2025, a annoncé le groupe bpost. Dès le 1er janvier, le timbre-poste Non Prior (pour une distribution en trois jours ouvrables) passera de 1,46 à 1,53 euros à l'unité et de 1,43 à 1,46 euros par feuille de 10 unités. Le timbre-poste Prior (pour une distribution le jour ouvrable suivante) verra son prix grimper de 2,27 à 2,37 euros la pièce, et de 2,24 à 2,33 euros pour une feuille de cinq unités. Les tarifs pour l'envoi de colis nationaux et internationaux augmenteront par ailleurs en moyenne de 2 %.
Côté télécoms, malgré l'arrivée il y a quelques semaines de Digi avec des prix défiant toute concurrence concernant l'Internet, Proximus augmentera au 1er janvier 2025 les tarifs de plusieurs de ses services. Les packs Flex, qui combinent différents services de télécoms (internet, téléphonie mobile, téléphonie fixe et/ou télévision), seront en moyenne trois euros plus chers chaque mois.
Fiscalité - Les voitures de société thermiques davantage imposées
Le montant imposable de l'avantage de toute nature (ATN) lié à l'usage privé d'une voiture de société thermique augmentera en 2025. La hausse atteindra quelques (dizaine d')euros par mois pour le bénéficiaire. Le fisc prévoit une imposition sur l'usage privé d'une voiture de société (l'ATN). Le calcul du montant imposable, complexe, se base sur les émissions de CO2, le type de motorisation, l'ancienneté et la valeur catalogue du véhicule. Pour l'aspect lié aux émissions de CO2, le calcul prend en compte la moyenne des émissions de CO2 des voitures nouvellement immatriculées.

Or, cette moyenne est en diminution compte tenu du succès des voitures de société électriques. L'avantage imposable de toute nature, lié à l'usage privé de la voiture de société, augmentera de ce fait. En conséquence, un précompte professionnel plus élevé est retenu et les travailleurs et dirigeants d'entreprise conservent un peu moins de net. À partir du 1er janvier 2025 par ailleurs, la déductibilité fiscale des coûts liés aux véhicules à moteur alimenté à l'essence ou au diesel achetés, pris en leasing ou en location, commencera à diminuer. Elle sera limitée à 75 % en 2025, puis à 50 % en 2026, 25 % en 2027 et 0 % en 2028.
Fiscalité- Réforme du fonctionnement de la TVA
Des changements dans les procédures liées à la TVA, destinés à moderniser le système fiscal, sont mis en place dès le 1er janvier. La déclaration TVA, si celle-ci est soumise tous les trois mois, pourra désormais être déposée auprès de l'administration fiscale au plus tard le 25e jour du mois suivant la fin du trimestre, et non plus le 20e jour comme auparavant. Ce délai de 20 jours reste toutefois inchangé pour ceux qui font une déclaration mensuelle. La possibilité de modifier une déclaration après les délais est par ailleurs supprimée. Toute modification devra désormais être incluse dans la déclaration suivante. En cas de non-dépôt d'une déclaration TVA dans les délais impartis, l'administration fiscale enverra une proposition de déclaration de remplacement trois mois après la période concernée. Cette proposition indiquera un montant de TVA à payer, basé sur le montant le plus élevé déclaré au cours des 12 mois précédents, avec un minimum de 2 100 euros. L'assujetti disposera en outre d'un mois pour soumettre sa déclaration. La procédure de remboursement des crédits TVA sera par ailleurs révisée. Les déclarants mensuels pourront ainsi obtenir un remboursement mensuel sans nécessiter d'autorisation spécifique.
Enfin, les amendes pour dépôt tardif ou non-dépôt de déclaration TVA, ainsi que pour non-paiement de la TVA ont été adaptées.