Le SNPC déplore la fin d'un avantage fiscal pour les propriétaires de biens
Libre Immo | La déductibilité des intérêts liés à l'emprunt hypothécaire fait partie des négociations en vue de former un nouveau gouvernement fédéral.
- Publié le 30-01-2025 à 11h06
La déduction fédérale des intérêts pour les logements autres que la résidence principale s'éteint complètement. Cette mesure prévue dans la dernière version de la note du formateur Bart De Wever a fait réagir le Syndicat national des propriétaires et des copropriétaires (SNCP), qui s'est dit "vivement inquiet" à l'idée de voir disparaître un avantage fiscal jusqu'ici acquis aux Belges multipropriétaires.
De quoi s'agit-il exactement ? Les propriétaires qui ont un crédit hypothécaire en cours pour un bien autre que leur résidence principale peuvent, jusqu'à présent, déduire de leurs revenus tous les intérêts payés pour cet emprunt. De quoi réduire leur base imposable et donc la taxation à l'impôt des personnes physiques.
La mesure prévue dans la note du formateur est destinée à économiser 210 millions d'euros mais non sans conséquence sur le marché locatif, déplore le SNPC.
Pour les investisseurs immobiliers, cette suppression de la déductibilité fiscale des intérêts représente un coup dur, martèle le SNPC. "Mais les conséquences seront encore plus graves pour les nombreux célibataires et familles à la recherche d'un logement locatif", a-t-il mis en garde dans un communiqué. "Bien que destinée à économiser 210 millions d'euros, cette annonce risque d'aggraver une crise déjà criante sur le marché locatif." Et le SNPC de rappeler que, selon des données récentes, en moyenne, 34 candidats se disputent chaque bien locatif mis sur le marché. "La demande de logements locatifs, en particulier ceux abordables, dépasse déjà largement l'offre, et cette mesure ne fera qu'exacerber la pénurie actuelle."
Toujours d'après le SNPC, le marché locatif privé représente aujourd'hui plus de 80 % de l'offre locative totale en Belgique et les logements en location sont particulièrement prisés dans les zones urbaines. Les conditions économiques difficiles des dernières années – augmentation des coûts de construction, flambée des taux d'intérêt et difficultés d'accès à la propriété – ont poussé un nombre croissant de familles à rester plus longtemps sur le marché locatif.
Un "dialogue constructif" avec le secteur
En conséquence, poursuit le Syndicat national des propriétaires et des copropriétaires, la suppression de la déduction fiscale des intérêts sur les prêts liés à l'acquisition de biens locatifs risque d'entraîner une diminution significative de l'offre de logements locatifs ; une hausse des loyers, rendant l'accès à un logement encore plus difficile pour les ménages les plus vulnérables et, in fine, une aggravation de la crise du logement, particulièrement dans les centres urbains où la demande est la plus forte.
Le SNPC appelle les décideurs politiques à "mesurer l'impact social et économique d'une telle mesure" et exhorte le gouvernement à "ouvrir un dialogue constructif avec les acteurs du secteur pour identifier des solutions équilibrées, capables de garantir l'accès au logement locatif tout en respectant les besoins des investisseurs immobiliers".

