"Les tensions s'accentuent entre travailleurs qui ont la carte essence et les autres" : face à la flambée des prix des carburants, que peut faire votre employeur ?
L'explosion des coûts peut même parfois attiser les tensions au sein des entreprises.

- Publié le 29-08-2022 à 18h10
- Mis à jour le 29-08-2022 à 21h22

Ce lundi matin, une grève a été lancée dans sept carrières wallonnes de l'entreprise spécialisée en granulats Sagrex et se poursuivra jusqu'à mercredi. La raison ? Les travailleurs veulent une aide de la part de l'entreprise face à l'inflation et la hausse particulière du prix des carburants. Mécontents de la réponse apportée par la direction à la suite de leurs revendications, ils avaient déposé un préavis de grève au mois de juillet. L'arrêt de travail concernait les six sites carriers du Hainaut et de Namur.
Mais que peut ou doit faire l'entreprise face à de telles revendications ? " Il faut faire la différence entre déplacement professionnel et privé, entre le domicile et le lieu de travail, qui est encadré par la loi. Pour les déplacements professionnels, il y a des accords par entreprises, avec des régimes différents. En tout cas, le montant maximum final ne doit pas dépasser 0,4170 euro par kilomètre parcouru ", avance Jean-Luc Vannieuwenhuyse, expert juridique chez SD Worx. Il s'agit du montant pour un kilomètre parcouru à partir du 1er juillet. Auparavant, le montant fixé était de 0,37 euro.
Des coûts difficiles à répercuter
S'il ne veut pas se positionner sur le cas Sagrex – qui emploie environ 400 personnes sur une vingtaine de sites majoritairement en Belgique –, le spécialiste reconnaît que " l'indexation des salaires représente déjà un coût non négligeable " et qu'il faut envisager diverses pistes pour les entreprises. " Il y a des solutions via les transports en communs, par exemple, pour pallier ces difficultés. Certaines entreprises organisent également déjà des plans de transport collectif vers le site ", avance-t-il. " Quoi qu'il en soit, il n'y a pas d'enrichissement dans le chef des travailleurs. Les entreprises n'ont pas d'obligations ,mais elles ne sont pas à égalité, selon leur emplacement, etc. Certaines ont déjà du mal à recruter du personnel… ", déplore-t-il.
Selon Sébastien Delfosse, managing director de ManpowerGroup Belgique, la problématique s'intensifie sur le terrain. " Il y a une tension entre les travailleurs qui doivent faire ces kilomètres, qui ont l'impression de payer pour travailler, et les employeurs qui voient déjà leurs coûts salariaux et énergétiques exploser et qu'ils ne peuvent pas forcément répercuter ", explique-t-il. " Il y a également une tension entre travailleurs, entre ceux qui ont une voiture de société et une carte essence, et qui ne se rendent pas compte de la hausse de ces coûts, et les autres ", renchérit-il. " Certaines entreprises peuvent avoir recours à plus de télétravail, mais d'autres, comme pour les mines, ne peuvent pas. Il faut qu'une partie de la solution vienne du gouvernement, avec une diminution des accises ou autres… ", conclut-il.