Déclaration fiscale 2025: simplifiée ou pas, frais réels ou forfaitaires ? Des choix cruciaux à faire pour les salariés
Le dossier de La Libre Eco | Spéciale déclaration fiscale. De nombreux salariés dont la situation est assez simple reçoivent une "proposition de déclaration simplifiée". Mais il ne faut pas s'y fier aveuglément. Et d'autres choix doivent être faits.
- Publié le 30-05-2025 à 13h14
- Mis à jour le 30-05-2025 à 14h59

Si déclarer sa rémunération de salarié est un processus relativement accessible, il est primordial de vérifier les informations, de réfléchir à certains choix (frais réels ou frais forfaitaires) tout en tenant compte des dernières évolutions législatives en la matière.
1. Les principes fondamentaux
En tant que salarié, et si votre situation fiscale reste "simple", vous aurez probablement reçu une proposition de déclaration simplifiée (PDS). Dans ce cas, il vous faut vérifier les données contenues dans cette PDS. Si celles-ci sont correctes et complètes et qu'aucune modification ne doit être apportée, alors vous ne devez rien faire.
En revanche, si vous n'avez pas reçu de PDS ou si vous souhaitez amender votre PDS (par exemple, parce que vous souhaitez revendiquer des frais réels), il vous appartiendra de déposer votre déclaration ou modifier votre PDS dans les délais requis.
Frais réels ou frais forfaitaires
Ensuite se posera la question des frais à déduire de vos revenus professionnels. Si vous ne revendiquez pas la déduction de vos frais réels, l'administration fiscale appliquera d'office le forfait de frais.
Le forfait pour l'exercice d'imposition 2025 s'élève à 30 % des rémunérations, avec un plafond absolu de 5 750 euros (plafond applicable pour les revenus 2024).
Pour un salarié, il est souvent plus avantageux d'opter pour la déduction des frais professionnels forfaitaires. En effet, il convient de garder à l'esprit qu'en droit fiscal belge, les frais de déplacement entre son domicile et son lieu de travail sont considérés comme des déplacements "privés", qui ne peuvent entrer en ligne de compte pour le calcul des frais réels qu'à concurrence de 0,15 euro/km. En outre, opter pour la déduction des frais forfaitaires permet d'échapper à la lourdeur administrative découlant des frais réels (annexe à joindre à la déclaration, conservation des documents justificatifs, respect des limites légales, etc.).
Ajoutons encore qu'il existe un "forfait pour longs déplacements" qu'un salarié, qui ne déduit pas ses frais professionnels réels, peut revendiquer en complétant les codes (code 1256/2256) lorsque son domicile est éloigné de plus de 75 km de son lieu de travail, et ce, indépendamment du fait que son employeur intervienne déjà pour tout ou partie dans ces frais. Selon la distance domicile lieu de travail, le forfait est le suivant :
- de 75 à 100 km : 75 euros,
- de 101 à 125 km : 125 euros,
- plus de 125 km : 175 euros.
Néanmoins, dans certains cas, il peut être intéressant de revendiquer la déduction de ses frais réels (code 1258/2158).
Ainsi, un salarié qui habite à 100 kilomètres de son lieu de travail et ne fait pas de télétravail, pourrait opter pour la déduction de ses frais réels, dans la mesure où cela pourrait lui permettre de déduire 6 600 euros au lieu du forfait de 5 825 euros (5 750 euros + 125 euros) tenant compte de 220 jours travaillés, soit 100 km x 2 (trajets A/R) x 220 jours de travail x 0,15.
Il faut, par ailleurs, souligner que certaines exonérations, telles que l'indemnité kilométrique pour vélos mentionnée ci-après, sont conditionnées à l'application du régime du forfait.
2. Les nouveautés 2025
Vélos d'entreprise et indemnités kilométriques vélo. L'avantage en nature résultant de la mise à disposition d'un vélo d'entreprise, entendez un vélo mis à la disposition du salarié par l'employeur, qui ne devait auparavant pas être mentionné dans la déclaration lorsque le vélo était utilisé pour les déplacements domicile-lieu de travail doit maintenant être obligatoirement mentionné dans la déclaration fiscale du travailleur (code 1254/2254). En effet, depuis le 1er janvier 2024, l'exonération de cet avantage est subordonnée à la condition que le travailleur ne revendique pas la déduction de ses frais professionnels réels.
Si l'on se penche sur l'indemnité kilométrique vélo, qui est un remboursement que l'employeur accorde à un salarié qui utilise son vélo pour se rendre au travail.
À compter de l'exercice d'imposition 2025, l'indemnité doit toujours être mentionnée dans la déclaration du travailleur et sera exonérée à 3 conditions :
- l'indemnité ne doit pas excéder 0,35 euro/km ;
- elle ne doit pas excéder le plafond de 3 500 euros par an et
- le travailleur doit avoir opté pour les frais forfaitaires.
Autrement dit, en cas d'application des frais réels, l'avantage de toute nature pour vélo d'entreprise et l'indemnité kilométrique vélo (repris aux codes 1254/2254) de votre fiche 281.10 seront traités comme des avantages imposables et ne pourront dès lors pas être repris comme avantages exonérés aux codes 1255/2255.
Les autres changements législatifs. Autre changement pour les travailleurs touchant des rémunérations payées en exécution d'un contrat flexi-job (celui-ci permet à un travailleur ou un pensionné de bénéficier d'une rémunération complémentaire exonérée sous certaines conditions en raison d'un travail exécuté dans des secteurs déterminés). Depuis le 1er janvier 2024, l'exonération fiscale sur le "flexi-salaire" est limitée à 12 000 euros de sorte que les bénéficiaires doivent reprendre ces rémunérations dans leur déclaration fiscale aux codes 1262/2162.
Même chose pour les allocations octroyées aux membres volontaires des services publics d'incendie, ambulanciers volontaires et agents volontaires de la Protection civile. Désormais, ces allocations doivent être déclarées par les intéressés dans leur déclaration fiscale aux codes 1391/2391 et sont exonérées uniquement si le montant des allocations perçues sur la période imposable est inférieur à 7 310 euros.
3. Quid pour la déclaration 2026 (revenus 2025) ?
Pour le salarié, les nouveautés suivantes sont attendues mais ne sont pas encore coulées en textes législatifs :
- le seuil des rémunérations exonérées dans le cadre des flexi-jobs passerait à 8 955 euros par an au lieu de 12 000 euros ;
- le régime spécial d'imposition réservé aux impatriés serait rendu encore plus attractif ;
- il serait aussi question de supprimer ou diminuer certaines réductions fiscales.
4. Et à plus long terme ?
L'accord de coalition du gouvernement De Wever prévoit, par ailleurs, certaines mesures fiscales qui impacteront directement les salariés. Citons notamment :
- une augmentation des salaires nets pour les travailleurs ;
- une augmentation de la quotité exemptée pour tous ceux qui travaillent;
- une diminution de la cotisation spéciale de sécurité sociale et un renforcement du bonus à l'emploi ;
- une simplification et harmonisation des systèmes de bonus collectifs existants ;
- une réduction de moitié du quotient conjugal pour les non-retraités d'ici à 2029.
