La FIFA envisage une nouvelle forme de tarification pour la Coupe du monde, les prix pourraient rapidement flamber
Pour la Coupe du monde 2026, la FIFA envisage d'appliquer la tarification dynamique pour la vente des billets. Une première dans le monde du football, qui fait déjà grincer des dents du côté des associations de consommateurs.

- Publié le 10-07-2025 à 15h46
- Mis à jour le 10-07-2025 à 19h22

Organiser une Coupe du monde, ça coûte. À l'exception de la dernière édition au Qatar, dont le montant reste assez flou, les dernières Coupe du monde ont coûté 14,2 milliards de dollars pour la Russie en 2018 et 11,6 milliards pour le Brésil en 2014, selon les informations de Reuters. Pour financer cela, les organisations comptent sur les aides de l'Etat organisateur, les sponsors, le merchandising, mais aussi et surtout la vente de billets.
C'est sur ce dernier point que le bât blesse pour cette prochaine Coupe du monde, organisée conjointement par le Mexique, les États-Unis et le Canada durant l'été 2026. Pourquoi ? Parce que la FIFA, l'organisme qui dirige le football mondial et organise notamment la Coupe du monde, envisage d'y introduire un système de tarification dynamique. Une première à cette échelle dans le monde du football.
De quoi s'agit-il ? Concrètement, cela signifie que le prix des billets ne serait plus fixe, mais varierait en temps réel selon la demande, comme c'est déjà le cas pour les billets d'avion ou les places de concert sur certaines plateformes. Plus un match est demandé, plus son prix grimpe. Moins il attire, plus il devient abordable. Pour ce faire, un algorithme se charge de tout ajuster automatiquement.
Pourquoi est-ce un problème ?
Une logique de marché pur, qui pourrait sembler cohérente dans une économie globalisée mais qui, appliquée à un événement aussi populaire que la Coupe du monde, fait grincer des dents. Car à la différence du transport aérien ou des festivals, les fans n'ont ici aucune alternative. La FIFA est seule à vendre les billets, ce qui place les supporters dans une position de faiblesse face à une logique commerciale opaque.
Et les sommes en jeu sont colossales. Avec une Coupe du monde élargie à 48 équipes et 104 matchs, ce sont environ 6,5 millions de billets qui seront mis en vente pour cette édition 2026. Selon The Times, la FIFA espère en tirer 1,8 milliard de dollars. Un chiffre qui pourrait grimper davantage si la tarification dynamique est déployée massivement sur la plateforme officielle.
À titre de comparaison, la vente de tickets a rapporté 686 millions de dollars en 2022 et 541 millions pour 2018, selon les données de la FIFA.
Les organisations montent au créneau
Or, c'est justement cette opacité et l'absence de garde-fous qui inquiètent les associations de défense des consommateurs. En Belgique, Testachats, soutenue par Euroconsumers (la fédération européenne dont elle fait partie) et la fédération européenne des supporters de football (FSE), a tiré la sonnette d'alarme. Elles exigent des explications de la part de la FIFA : quelles modalités seront appliquées ? Jusqu'où les prix pourront-ils grimper ? Quelles garanties seront mises en place pour éviter les abus ?
Ces questions ne sont pas théoriques. Testachats a récemment porté plainte contre Ticketmaster pour des pratiques similaires. Certaines places pour des concerts étaient proposées jusqu'à sept fois le prix initial, sans transparence sur les règles du jeu. Un des exemples récents et frappants est certainement le comeback du groupe Oasis, le prix des tickets passant de 150 à 415 euros en quelques minutes tant les fans se sont ruées sur le précieux sésame.
"Tant que la pratique n'est pas réglementée, les entreprises monopolistiques continueront à gonfler artificiellement leurs prix, au détriment des consommateurs", dénonce Jean-Philippe Ducart, porte-parole de l'association. Il plaide, avec Euroconsumers, pour une interdiction pure et simple de la tarification dynamique dans les événements culturels et sportifs. "L'accès à la culture et aux événements sociaux ne devrait pas devenir un luxe."
Du côté de la FIFA, peu de communication pour l'instant. L'organisation assure que certains billets réservés aux supporters des fédérations nationales échapperont au système dynamique. Mais cela ne concernerait qu'une petite part des tickets, les plus convoités restant soumis à l'algorithme. Les supporters craignent de se retrouver à devoir débourser des centaines, voire des milliers d'euros pour un match de phase de groupes s'il oppose deux grandes nations.