Dans ce pays, un foyer sur sept regarde le foot via une IPTV illégale : "Il faut regarder les choses en face"
Face à des abonnements toujours plus chers, un nombre croissant d'Européens se tournent vers l'IPTV illégale pour suivre le football. En Norvège, un tiers de la population pirate déjà ses matchs.

- Publié le 01-09-2025 à 13h37
- Mis à jour le 01-09-2025 à 13h45

"Le football creuse sa propre tombe lorsqu'il coûte si cher que le commun des mortels ne peut pas s'abonner à une saison de Premier League." La sortie du député norvégien Mimir Kristjansson ; relayée par Presse Citron, fait mouche. Elle résume une situation devenue alarmante dans le pays.
Une étude publiée par le site spécialisé TorrentFreak révèle que près de 1,25 million de Norvégiens, soit environ un tiers de la population entre 15 et 74 ans, consomment chaque mois du sport piraté. Dans 14 % des foyers, un abonnement IPTV illégal est installé. C'est 40 % de plus que l'an dernier.
Une offre légale particulièrement élevée
Le prix des abonnements légaux expliquerait en grande partie cette dérive. Viaplay, le principal diffuseur du pays, facture près de 73 dollars par mois son offre premium. Aux Pays-Bas, la même formule est disponible pour 23 dollars.
Un écart qui alimente la frustration des supporters et qui, de l'avis d'Agnes Nærland Viljugrein, députée travailliste, pousse une partie de la population vers le marché noir. "Je n'encouragerais jamais les gens à enfreindre la loi, mais il faut regarder les choses en face. Si autant de personnes passent par l'IPTV, c'est une question de prix", reconnaît-elle au média norvégien Nettavisen.
Un phénomène européen
Si le problème de l'IPTV illégale grandit dans le pays, le malaise dépasse les frontières norvégiennes. En France, la Ligue de football professionnel tente une autre voie. Elle a lancé sa plateforme Ligue 1 +, avec un tarif d'appel de dix euros par mois pendant trois mois, puis quinze euros par la suite. Une manière de rendre le produit plus accessible et de contrer les offres pirates, après de nombreux appels au boycott la saison dernière suite à des prix excessifs.
Da son côté, la Belgique, elle, s'avance en terrain glissant. On estime à près d'un million le nombre d'utilisateurs d'IPTV illégale. Et les négociations entre DAZN, qui détient les droits de la Pro League, et les opérateurs télécoms n'ont toujours pas abouti et ce alors que le championnat belge a déjà commencé depuis plusieurs semaines. Dans ce flou, les amateurs de football risquent donc d'emprunter le même chemin que leurs voisins nordiques.
À noter qu'à l'échelle européenne, plus de 20 millions de personnes regarderaient déjà leurs matchs via ces canaux parallèles illégaux.
