Comment aborder les grandes capitalisations américaines ? "L'enthousiasme pour les mesures de Trump est susceptible de persister"
Même s'il est essentiellement tiré par les valeurs technologiques, le marché américain n'a pas dit son dernier mot.
- Publié le 17-02-2025 à 12h46

La Bourse américaine est actuellement considérée comme étant trop chère. Les valorisations des 7 magnifiques (Apple, Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla) sont très élevées mais elles faussent sans doute l'image globale de ce marché.
"La dispersion des valorisations est élevée sur le marché américain, précise Frank Thorman, gestionnaire de fonds actions chez Schroders. L'ensemble des 493 sociétés du S&P 500 se négocie à un multiple beaucoup plus raisonnable et plus proche de la moyenne à long terme ; ce qui indique qu'il existe des zones du marché où les prix sont plus raisonnables. Les accusations de valorisations extrêmes ont visé l'extrémité supérieure du marché, à savoir les valeurs technologiques à forte capitalisation qui ont contribué de manière disproportionnée aux rendements du marché au cours des deux dernières années."
Et sur le long terme ?
L'arrivée de DeepSeek, chatbot chinois d'IA générative, ne devrait pas trop entacher la croissance des entreprises technologiques à long terme. Cette croissance sera caractérisée par une certaine volatilité à plus court terme et par des facteurs cycliques. En effet, les taux d'intérêt sont restés plus élevés et plus longtemps que prévu. Les tarifs douaniers et la politique d'immigration exercent aussi potentiellement une pression à la hausse sur l'inflation.
Le fait que les États-Unis restent à la pointe de l'innovation mondiale et des avancées technologiques devrait soutenir le marché américain au cours des cinq prochaines années.
Dès lors, comment peut-on entrevoir l'évolution de ces valeurs sur le long terme ? "Le récent recul enregistré sur ce marché consécutif à l'annonce de l'arrivée de DeepSeek a mis en évidence la vulnérabilité de l'ensemble du marché aux flux d'informations ayant un impact sur un sous-ensemble étroit de valeurs. Cependant, globalement, nous avons des perspectives plutôt bonnes pour les 12 à 18 prochains mois car une économie résiliente et l'enthousiasme du marché pour les mesures politiques anticipées par Trump sont susceptibles de persister à court terme, avec une accélération de la croissance des bénéfices au-delà des plus grandes entreprises", soutient ce gestionnaire.
Le fait que les États-Unis restent à la pointe de l'innovation mondiale et des avancées technologiques devrait soutenir le marché américain au cours des cinq prochaines années. Ces grandes entreprises présentent également certains atouts par rapport aux plus petites capitalisations. Elles sont moins dépendantes de l'évolution des taux d'intérêt. En effet, la rentabilité des petites capitalisations serait soumise à une pression plus forte si les taux restaient élevés encore plus longtemps. Les ressources des grandes capitalisations sont plus étendues et leur permettent d'échapper aux contraintes réglementaires. Leur bonne trésorerie les incite à dépenser beaucoup en R&D. L'accès aux meilleurs talents et l'essor des partenariats stratégiques devraient permettre à ces entreprises de rester à l'avant-garde de ce que l'on peut qualifier de "dernière révolution industrielle".
L'aborder par le biais d'un tracker
Le marché américain n'a pas dit son dernier mot et il est sans doute judicieux de l'aborder par le biais d'un tracker. Même si son fonds en larges capitalisations a bien performé, ce gestionnaire reconnaît que "l'environnement a été particulièrement difficile pour les gestionnaires actifs au cours des deux dernières années car les rendements du marché ont été tirés par un ensemble très restreint d'actions. En effet, la proportion de fonds actifs en actions américaines qui ont sous-performé le marché américain au cours de cette période est assez importante".
