À quoi faut-il s'attendre sur les marchés obligataires pour cette année ?
Les aléas des politiques monétaires et certains facteurs économiques auront un impact sur les obligations.
- Publié le 24-02-2025 à 10h00
- Mis à jour le 24-02-2025 à 10h01

Les baisses de taux d'intérêt en 2024 ont contribué à la bonne santé du marché obligataire l'année passée. "On constate que les attentes en termes de baisses des taux étaient très importantes au début de l'année 2024. Mais, finalement, ces baisses ne se sont pas produites selon l'amplitude espérée. Pour 2025, on anticipe, en Europe, trois à quatre baisses de taux de l'ordre de 0,25% chacune. Cela devrait conduire les taux entre 2 et 2,25 % pour la zone euro cette année", estime Benoit Soler, gérant de fonds chez Keren Finance.
On constate par ailleurs que les politiques monétaires sont divergentes de part et d'autre de l'Atlantique. En effet, aux États-Unis, les baisses de taux ne devraient pas dépasser 0,5% au total pour arriver à des taux de l'ordre de 3,75 à 4% espérés pour 2025.
Quel impact ces baisses auront-elles sur l'évolution du marché obligataire cette année ? "On peut penser que ces baisses vont orienter les investisseurs vers d'autres classes d'actifs. Mais, en réalité, on a déjà atteint une phase d'anticipation de ces baisses. Dans la plupart des fonds, les compensations ont déjà eu lieu. On peut donc estimer que les baisses de taux ne seront pas un moteur de performance en 2025 pour les fonds obligataires comme elles l'ont été en 2024", reconnaît Benoit Soler.
En 2025, les investisseurs devront donc essentiellement compter sur les coupons car la compression des taux à venir est déjà intégrée dans les cours des obligations. Les courbes des taux se sont repentifiées. Cela signifie que les rendements sont revenus à la normale avec des rendements à long terme plus élevés que les rendements à court terme.
Ralentissement de la croissance
Au niveau économique, on assiste à un ralentissement de la croissance en zone euro. Selon ce gérant, le niveau de compétition va augmenter et les entreprises vont devoir offrir de bons produits, avec de bons vendeurs et cela à des prix compétitifs pour gagner des parts de marchés. "De ce fait, il y aura des gagnants et des perdants mais peu d'entreprises entre les deux. Dans ce contexte, il est important de ne pas se tromper dans ses choix. Tout évolue très vite et les modèles d'affaires changent rapidement", prévient Benoit Soler. La plupart des investisseurs qu'ils soient institutionnels ou particuliers avaient réintégré les obligations dans leur allocation stratégique.
Dans ce contexte, la dette d'entreprises prend de plus en plus d'essor. Compte tenu des beaux rendements offerts par la dette aux États-Unis, certains investisseurs ont tendance à vouloir se tourner davantage vers ce type d'investissements. "Mais, attention, il faut se poser la question de savoir si, dans ce cas, on est prêt à s'exposer au risque de volatilité du cours de change du dollar vis-à-vis de l'euro. Il faut aussi remarquer que la composition de l'indice high yield (haut rendement) est plus dangereuse aux États-Unis qu'en Europe", note ce gérant. Les fondamentaux du marché obligataire américain sont donc plus risqués avec des spreads (écarts de taux) plus faibles qu'en Europe.
Quant à l'Europe, tant que la croissance tient, les taux de défaut ne devraient pas être trop élevés. "Globalement, l'année 2025 devrait encore être intéressante pour le crédit aux entreprises si les spreads s'écartent", conclut Benoit Soler.
