La tech américaine chute à Wall Street, les Bourses asiatiques plongent
La Bourse de Tokyo a chuté de plus de 3% mardi, tandis que Séoul dévissait de 10%, plombées par les valeurs tech dans le sillage de Wall Street.

- Publié le 23-06-2026 à 09h33
- Mis à jour le 23-06-2026 à 09h41

Les marchés boursiers européens ont ouvert en recul mardi, ployant face au retour des craintes concernant les gigantesques valorisations des valeurs de la tech et de l'intelligence artificielle.
Dans les premiers échanges, vers 07H05 GMT, Francfort perdait 1,15%, Milan 1,05%, Paris 0,95%, et Londres 0,73%.
A Bruxelles, le Bel20 perdait 0,47%.
En Asie, la chute
La Bourse de Tokyo a chuté de plus de 3% mardi, tandis que Séoul dévissait de 10%, plombées par les valeurs tech dans le sillage de Wall Street, tandis que le yen flirte toujours avec son plus bas niveau en 40 ans. Les Bourses asiatiques ont été refroidies par la glissade enregistrée à Wall Street la veille par les géants américains de la tech, à commencer par Google (-5%), Microsoft (-3,2%) et SpaceX (-16,4%).
Ce coup de froid a ravivé les inquiétudes sur les sommes colossales investies dans l'IA, malgré des perspectives de rendement à court terme qui restent incertaines.
Dans ce contexte, l'indice Kospi de la Bourse de Séoul a clôturé sur une dégringolade de 9,99% à 8.203 points. Il a été plombé par la chute de plus de 12% des titres des mastodontes des puces-mémoires SK hynix et Samsung Electronics, poids lourds de la cote.
La tech devisse
"Ce repli semble principalement motivé par des prises de bénéfices après la récente et forte hausse des cours, le marché étant devenu excessivement positionné à l'achat", estime Ha Seok-Keun, de Eugene Asset Management à Séoul, cité par Bloomberg.
Même tendance à la Bourse de Tokyo, où l'indice vedette Nikkei a clôturé en chute de 3,54% à 69.388 points à 70.868 points. Kioxia, spécialiste nippon dans la fabrication de puces-mémoires, a dévissé de 15,09%.
L'inquiétude sur la tech s'installe en Asie comme aux Etats-Unis: "Si le secteur a enregistré des performances exceptionnelles, les valorisations sont devenues tendues et la barre est désormais nettement plus haute qu'il y a quelques mois" pour de nouvelles hausses, rappelle Tony Sycamore, analyste chez IG.
La Bourse de Sydney a cédé mardi 0,33% et Taipei 1,34%. L'indice hongkongais Hang Seng perdait presque 2% vers 06H45 GMT.
Le yen chute
La devise japonaise se stabilisait vers 08H45 (heure de Bruxelles) à 161,67 yens pour un dollar, après avoir glissé durant la nuit à 161,93 yens, proche de 161,95 yens, un niveau jamais vu depuis décembre 1986.
Sa récente glissade est nourrie par la flambée des prix énergétiques (la facture des importations du Japon ayant gonflé) et surtout par le renforcement du dollar, à mesure que se précisent les perspectives de possibles hausses de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) à la suite de sa réunion de politique monétaire la semaine dernière.
L'écart entre les taux d'intérêt des banques centrales japonaise et américaine tend à doper le dollar et à renforcer la pression sur le yen, ce dernier devenant comparativement moins rémunérateur.
De quoi attiser les spéculations sur une possible nouvelle intervention de Tokyo: le gouvernement japonais avait déjà dépensé environ 11.700 milliards de yens (63 milliards d'euros) en mai pour soutenir sa monnaie, avec un impact très éphémère.
Vers 08H45, le prix du baril de WTI nord-américain perdait 1,54% à 72,73 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, 1,66% à 76,63 dollars.
Le marché continue de reculer face à l'évolution favorable des pourparlers entre Washington et Téhéran, notamment la suspension des sanctions américaines sur le pétrole iranien.