La tech plonge à Wall Street et fait chuter le Nasdaq, SpaceX passe brièvement sous son prix d'ouverture
Cela a réveillé des craintes, qui font régulièrement surface, quant aux valorisations du secteur et à la rentabilité future de ses investissements massifs pour développer l'intelligence artificielle.

- Publié le 23-06-2026 à 16h30
- Mis à jour le 23-06-2026 à 16h33

La Bourse de New York a ouvert dans le rouge mardi, rattrapée par les craintes autour des niveaux de valorisation vertigineux des grands noms de l'intelligence artificielle (IA), entraînant un plongeon du secteur technologique dans son ensemble.
Dans les premiers échanges, l'indice Nasdaq - qui regroupe les géants de la tech - décrochait de 2,44%. L'indice élargi S&P 500 perdait 1,49%, tandis que le Dow Jones reculait de 0,60%.
Les entreprises de semi-conducteurs, indispensables pour construire les centres de données où sont entraînés les modèles d'IA, dévissent partout.
Ce mouvement rappelle "que les interrogations sur les dépenses colossales liées à l'intelligence artificielle demeurent bien présentes", détaille l'analyste John Plassard pour Cité Gestion.
Le secteur des puces encaissait l'un des plus lourds revers: Micron (-12,02%), Sandisk (-12,86%), Intel (-6,37%), AMD (-6,88%), Qualcomm (-8,51%) et le mastodonte Nvidia (-3,22%).
La dégringolade de ces entreprises indispensables pour construire les centres de données, où sont entraînés les modèles d'IA, efface des dizaines de milliards de dollars de capitalisation boursière.
La lourde chute de SpaceX
"Alphabet a lourdement pesé (lundi) sur les indices après le départ de John Jumper, prix Nobel de chimie 2024 et figure emblématique de Google DeepMind, vers Anthropic, ravivant les inquiétudes sur la guerre des talents dans l'IA", ajoute-t-il. "Palantir, Amazon et Meta ont également reculé, alors que certains investisseurs commencent à s'interroger sur le retour sur investissement des centaines de milliards de dollars engagés dans cette révolution technologique".
De son côté, SpaceX a aussi inquiété les marchés en perdant lundi 16,43% à 154,60 dollars, dix jours après son entrée en Bourse de tous les records.
Cela a notamment fait suite à l'annonce "de SpaceX d'emprunter jusqu'à 20 milliards de dollars", rappelant que sa "récente introduction en Bourse n'a pas suffi à apaiser les besoins de financement de l'entreprise", selon Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank.
SpaceX repassait dans le vert vers 14H00 GMT (+1,87%). L'action de SpaceX est brièvement passée mardi sous le prix auquel elle avait fait son entrée en Bourse à New York il y a environ une semaine et demie. Le titre du groupe spatial et d'intelligence artificielle s'est toutefois rapidement redressé par la suite.
Enfin, "les marchés commencent à prendre conscience que la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait relever ses taux dès juillet", face à la montée de l'inflation dans la première économie mondiale, selon Neil Wilson, de Saxo Markets.
Or, "nous avons assisté à un afflux de capitaux si massif et si rapide vers les secteurs de la technologie et de l'IA que ce type de réévaluation des taux ne manquera pas d'entraîner des sorties précipitées", a-t-il ajouté.
Le pétrole se stabilise
Autre point d'attention des marchés: les discussions entre Téhéran et Washington pour aboutir à un accord final au Moyen-Orient.
L'Iran a refusé mardi l'accès à ce stade d'inspecteurs de l'AIEA à ses sites clés bombardés, alors que Donald Trump a assuré que Téhéran acceptait des inspections nucléaires "du plus haut niveau", nouveau possible point d'achoppement dans le règlement du conflit au Moyen-Orient malgré de premiers pourparlers.
Malgré ces informations contradictoires, les prix du pétrole continuaient de refluer vers 14H00 GMT (77.15 dollars le baril de Brent de la mer du nord, -0,96% et 73.23 dollars pour le WTI américan, -0.85%).
Le dollar progressait face à l'euro, à 1,1393 dollar pour un euro.
Côté obligataire, le taux d'intérêt à échéance dix ans de la dette allemande, référence européenne, atteignait 2,90%, contre 2,95% la veille en clôture.