Des pistes vers la Belgique?
- Publié le 18-09-2001 à 00h00
L'événement serait sans doute passé inaperçu ou presque, en des temps moins troublés. Mais dans le contexte actuel, la "disparition" d'une famille afghane résidant à Hamme est apparue comme suffisamment étrange pour que l'inquiétude toute naturelle du parquet de Termonde suscite un certain émoi, et même un émoi certain à en juger par la manchette que consacrait la "Gazet van Antwerpen" mardi à l'affaire.
Les faits: on est sans nouvelle d'un Afghan de 36 ans, séjournant depuis plusieurs mois en Belgique avec un statut de réfugié politique, de sa femme et de leur enfant depuis 4 semaines. Vendredi dernier, une fouille a été effectuée au domicile de la famille dans la Toekomststraat, après un appel des voisins inquiets. " Nous cherchons des indices qui pourraient nous aider à les localiser ", a expliqué le procureur Christian Du Four, du parquet de Termonde. " Nous n'établissons aucun lien avec les attentats terroristes aux Etats-Unis. C'est la procédure normale pour les cas de disparition ", a-t-il ajouté.
La suspicion serait, selon le quotidien flamand, relative au fait que l'homme détiendrait une licence de pilote d'avion. Mais le parquet n'a donné aucun indice qui permette de confirmer cette information. La seule certitude reste donc, à l'heure actuelle, la disparition de la famille, le parquet n'ayant retrouvé aucun membre de l'entourage familial des trois disparus.
Par ailleurs, on a appris mardi qu'une quadruple arrestation s'étant déroulée samedi non loin de la frontière franco-italienne, côté Péninsule, intéresse peut-être également notre pays. La Stampa et La Repubblica, deux journaux italiens, ont en effet annoncé hier que les polices italienne et française, collaborant parfaitement, avaient interpellé samedi trois ressortissants afghans et un Iranien voyageant avec des faux visas. Or, ils transportaient dans leurs bagages des plans détaillés de la ville de Bruxelles. Matière à inquiétude ou suspicion exagérée, due à la situation internationale? La Digos, la police antiterroriste italienne, et le parquet de San Remo, qui a ouvert une enquête, devraient répondre à cette question, même si on peut déjà s'interroger: pourquoi un tel plan, alors que ces voyageurs venaient d'Espagne pour se rendre en Pologne?
© La Libre Belgique 2001
