L'ONU exige l'extradition de ben Laden

Dernière mise à jour:mercredi 19 septembre à 07h18Le Conseil de sécurité de l’ONU a exigé mardi des taliban la «livraison immédiate et inconditionnelle» de l’islamiste Oussama ben Laden alors que les Etats-Unis renouvelaient leurs menaces d’intervention militaire contre le régime des taliban, après les attentats du 11 septembre.Le point sur l'enquête dans le monde et en BelgiqueWall street s'est quant à elle stabilisée sur un marché toujours incertainSuivez l'actu en directNouveau forum sur les attentats aux Etats-Unis. Quelle riposte ?

AFP
L'ONU exige l'extradition de ben Laden
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Le Conseil de sécurité de l’ONU a exigé mardi des taliban la «livraison immédiate et inconditionnelle» de l’islamiste Oussama ben Laden alors que les Etats-Unis renouvelaient leurs menaces d’intervention militaire contre le régime des taliban, après les attentats du 11 septembre.

«Le Conseil de sécurité n’a qu’un seul message pour les taliban: mettre en oeuvre les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, en particulier la résolution 1333, immédiatement et sans condition», a déclaré l’ambassadeur de France Jean-David Levitte qui préside le Conseil.

«Leurs messages semblent se contredire», a déclaré à propos des taliban le porte-parole de la Maison Blanche, Ari Fleischer. «Le notre restera donc haut et clair: les nations qui abritent les terroristes ne seront pas épargnées».

Les taliban ont maintenu un langage de fermeté, apparemment peu disposés à extrader le principal suspect, Oussama ben Laden, malgré une demande pressante du Pakistan. Ils ont demandé mardi aux Afghans de se préparer à la guerre en cas d’attaque américaine, le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld a reconnu que des opérations militaires seraient difficiles en Afghanistan.

"L’Afghanistan est un pays très pauvre, plusieurs pays se sont épuisés à le bombarder ou le combattre (...) et il n’y a pas de cibles de grande valeur que nous puissions viser». C’est pourquoi, a souligné le chef du Pentagone, il faut «trouver des façons de changer (son) comportement et cela passe par tout un éventail» de moyens.

Une intense activité diplomatique s’est engagée à Washington où le président français Jacques Chirac, arrivé dans l’après-midi, s’est entretenu à la Maison Blanche de la lutte contre le terrorisme avec George W. Bush. La France est prête à «être totalement solidaire des Etats-Unis et à faire tout ce qui sera nécessaire» pour débarrasser le monde du terrorisme, un objectif «vital», a déclaré le chef d’Etat français à la presse au début de ses entretiens avec son homologue américain.

Le président Bush cherche à établir une vaste coalition antiterroriste, recueillant le maximum de soutien dans le monde, pour riposter aux attentats contre le Pentagone près de Washington et le World Trade Center à New York, qui ont fait près de 6.000 morts ou disparus.

Etaient attendus également mardi à Washington le chef de la diplomatie russe Igor Ivanov, et son homologue allemand Joschka Fischer. Ils devaient être suivis jeudi par le Premier ministre britannique Tony Blair qui s’est placé depuis le début de la crise en position d’allié le plus proche des Etats-Unis.

En Afghanistan, le ministre de l’Intérieur, le mollah Abdul Razzak, a lancé mardi un appel aux volontaires pour «mener la guerre contre les infidèles», selon une agence proche des taliban basée à Islamabad. Des oulémas (théologiens) ont de leur côté répété que ben Laden ne devrait pas être extradé d’Afghanistan sans des preuves concrètes de son implication, «même si l’ensemble de l’Afghanistan doit être dévasté».

Par peur de représailles américaines, des dizaines de milliers d’Afghans fuyaient les centres urbains de l’est du pays mardi.

Washington ne présentera pas à Kaboul les éléments de preuves incriminant ben Laden afin de préserver les sources et méthodes de ses services de renseignements, a indiqué M. Rumsfeld. Les Etats-Unis, a-t-il dit, ne s’embarrasseront pas d’arguties juridiques lorsqu’ils frappperont les terroristes et leurs soutiens, a-t-il ajouté.

La Chine a déclaré que les «terroristes devaient être punis»«preuves concrètes». Pékin est également prêt à discuter de tout plan d’action devant le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Les Etats-Unis ont contacté les autorités du Soudan et de Cuba, deux pays classés par Washington parmi les Etats soutenant le terrorisme, pour leur demander de coopérer après les attentats.

Le président palestinien Yasser Arafat a quant à lui déclaré qu’il avait indiqué à Washington être «prêt à prendre part à une alliance internationale en vue de mettre fin au terrorisme contre des civils innocents». Cette position a semblé produire des effets spectaculaires, salués par Washington.

Prenant acte que Yasser Arafat s’est engagé à respecter un cessez-le-feu et après une forte baisse des violences ces dernières heures, le gouvernement israélien a annoncé la suspension de ses opérations militaires. Israël a également amorcé un retrait de l’armée des territoires réoccupés.

A New York et Washington, les secours poursuivaient leurs opérations de recherche sans grand espoir de trouver des rescapés. «Les chances de retrouver des survivants sont maintenant très, très faibles», a dit le maire de New York Rudolph Giuliani.