Une semaine après, l'attente...
Une semaine après les attentats meurtriers de New York et Washington, qui ont fait près de 6.000 morts, les Etats-Unis attendaient une décision des taliban sur le sort à réserver à Oussama ben Laden, principal suspect caché en Afghanistan et réclamé par Washington.
- Publié le 18-09-2001 à 00h00

Une semaine après les attentats meurtriers de New York et Washington, qui ont fait près de 6.000 morts, les Etats-Unis attendaient une décision des taliban sur le sort à réserver à Oussama ben Laden, principal suspect caché en Afghanistan et réclamé par Washington.
Un conclave d'érudits de l'islam venus de toutes les provinces de l'Afghanistan devait à l'origine débattre mardi à Kaboul de la crise mais cette réunion, qui pourrait durer plusieurs jours, a été reportée.
Peut-être que la réunion "aura lieu demain ou le jour suivant", a dit un responsable taliban à l'AFP, expliquant que certains participants ne sont pas encore arrivés à Kaboul.
Les taliban au pouvoir en Afghanistan ont averti mardi que le jihad (guerre sainte) serait décrété contre les Etats-Unis en cas d'attaque américaine contre un pays musulman. "Bien sûr, s'il y a une invasion d'un pays musulman, il y aura un jihad contre les envahisseurs", a dit un haut-responsable taliban interrogé par l'AFP.
Les taliban ont toujours refusé d'extrader ben Laden, affirmant que personne, jusqu'à présent, ne leur avait remis des preuves convaincantes de son implication dans des activités terroristes.
Les Américains, qui poursuivent leurs opérations de secours sur les sites des attentats, à New York et au Pentagone près de Washington, continuent d'affirmer que l'islamiste d'origine saoudienne est l'instigateur des attentats.
Tout en se préparant militairement, les Etats-Unis poursuivent une vaste offensive diplomatique pour bénéficier du maximum de soutien dans le monde.
Le président palestinien Yasser Arafat a ainsi affirmé mardi qu'il avait informé Washington être "prêt à prendre part à une alliance internationale en vue de mettre fin au terrorisme contre des civils innocents".
Premier chef d'Etat étranger à rencontrer mardi M. Bush à Washington depuis les attentats, le président français Jacques Chirac, qui se rendra également à New York, devait réaffirmer la solidarité de Paris à son allié américain.
Le secrétaire général de l'Alliance atlantique Lord Robertson a indiqué mardi au Financial Times que l'OTAN avait "l'obligation morale" d'aider les Etats-Unis contre les auteurs des attentats, même s'ils "pourraient agir de façon indépendante, tout seuls. Ils en ont les moyens", a-t-il dit.
Pour la première fois, un haut responsable irakien, le vice-Premier ministre Tarek Aziz, a exprimé sa sympathie aux familles des victimes des attentats, que Bagdad n'a pas dénoncés.
Selon l'agence officielle INA, M. Aziz a exprimé "ses sincères condoléances aux familles des victimes américaines" des attentats, dans un message à une ONG américaine, Voices in the Wilderness.
La Chine a déclaré mardi pour sa part que les "terroristes devaient être punis", tout en soulignant que toute riposte devait reposer sur des "preuves concrètes". Pékin s'est déclaré prêt à discuter de tout plan d'action devant le Conseil de sécurité des Nations Unies.
De même, le chef de la diplomatie iranienne Kamal Kharazi a estimé mardi qu'une coalition internationale devait être supervisée par l'ONU, pour obtenir le soutien de tous les pays du monde. Il a néanmoins souligné qu'une attaque contre l'Afghanistan serait une "catastrophe" qui provoquerait "la mort de nombreux innocents et des exodes" de populations.
Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a assuré de son côté que l'organisation était prête à relever le défi de la lutte contre le terrorisme, en demandant aux Américains de "ne pas provoquer une division entre l'Ouest et les musulmans".
Depuis une semaine, ces derniers semblent de plus en plus menacés. George W. Bush a appelé les Américains à traiter leurs compatriotes musulmans avec respect, affirmant que "la terreur n'est pas la vraie foi de l'islam".
A Los Angeles, le meurtre d'un commerçant d'origine égyptienne est peut-être lié aux attentats. En Angleterre, un incendie qualifié de "suspect" s'est déclaré dans la nuit de lundi à mardi dans une mosquée de Bolton, près de Manchester, sans faire de blessés. Par ailleurs au Japon, des milliers de personnes ont été évacuées mardi à la suite de menaces d'attentats contre deux hôtels de Tokyo et des succursales de la banque américaine Citibank dans la capitale et une ville voisine, qui se sont avérés être de fausses alertes.
Les bourses européennes, qui avaient clôturé en hausse lundi, reculaient mardi matin, alors que la plupart des places asiatiques ont été bien orientées au lendemain d'une chute, sans mouvement de panique, sur les marchés américains le jour de leur réouverture.
