Enquête boursière ouverte

Les gendarmes boursiers de plusieurs pays prennent au sérieux l'hypothèse d'une spéculation sur les marchés boursiers, avant les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis (LLB du 17/09/01). La Security Exchange Commission (SEC) et la Securities and Exchange Surveillance Commission (SESC), responsables de la surveillance boursière aux Etats-Unis et au Japon, ont chacune ouvert une enquête sur des mouvements financiers suspects ayant précédé les attentats à New York et Washington. Les autorités allemandes, italienne et française (BAWe, Consob et COB) ont de leur côté entamé des "vérifications" au sujet d'évolutions surprenantes.

D'inhabituelles variations ont en effet été constatées dans les secteurs des assurances, du transport aérien, de la grande distribution, du luxe et de la communication dans les jours précédant les attentats, selon la COB.Dès vendredi, les autorités allemandes avaient signalé à la SEC des "mouvements anormaux et suspects" sur le titre du premier réassureur mondial, Munich Re, qui a perdu 13 pc dans la semaine précédant le 11 septembre. La question à laquelle les gendarmes boursiers doivent répondre est de savoir si ces variations constituent de macabres délits d'initiés ou si elles s'expliquent plus classiquement par des notes d'analystes ou des anticipations de mauvais résultats des entreprises cotées concernées.La forte spéculation à la baisse enregistrée sur les titres de groupes qui allaient être directement touchés par les attentats du World Trade Center (WTC) et du Pentagone, comme les compagnies aériennes American Airlines et United Airlines ou la banque d'affaires américaine Morgan Stanley, est troublante. Selon le site de l'agence financière Bloomberg, le volume des options de vente à découvert ("put-options" - forme de spéculation à la baisse) sur les titres de Morgan Stanley, qui occupait 22 étages des tours du WTC, et de Merrill Lynch, autre banque d'affaires dont le siège est proche, a été de 12 à 25 fois supérieur aux volumes habituels.Pour American Airlines, dont deux avions ont été détournés, 1535 options de 100 actions chacune ont été prises la veille même de l'attentat, en pariant que le cours de la compagnie tomberait avant le 20 octobre sous les 30 dollars, selon Bloomberg. Lundi à la réouverture de Wall Street, l'action American est tombée à 18 dollars et le bénéfice serait au total de plus d'un million de dollars.

(AFP)

© La Libre Belgique 2001

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