Contrats conclus et contrats à venir

Fort de sa propre expérience de super-ambassadeur du commerce extérieur - il a conduit 105 missions en un peu plus de 30 ans - le roi Albert II a changé l'esprit des visites d'Etat belges. La princesse Margarita s'enracine dans son pays retrouvéPhotos: le couple royal en Roumanie

Christian Laporte
Contrats conclus et contrats à venir
©ALEX GALMEANU

Fort de sa propre expérience de super-ambassadeur du commerce extérieur - il a conduit 105 missions en un peu plus de 30 ans - le roi Albert II a changé l'esprit des visites d'Etat belges. Là où elles étaient jadis très - trop ? - protocolaires, il a réussi à leur donner une nouvelle jeunesse en emmenant dans son sillage une belle délégation d'entrepreneurs et une solide équipe de recteurs d'université accompagnés de professeurs susceptibles de conclure des accords avec des homologues non moins pointus dans les pays visités.

Mercredi, c'était le moment de faire le point à Bucarest, mais, auparavant dans la matinée, le Roi était allé s'incliner devant le monument à Danny Huwé, ce collègue de VTM, mort en mission lors de la "révolution" roumaine. L'occasion de se rendre compte que la ville de Bucarest ne l'a pas oublié puisque le maire en personne s'était déplacé.

Il y avait aussi du "beau linge" du monde des affaires roumain, l'après-midi au Cercle militaire, lieu de la grande rencontre économique et de la conclusion des débats académiques.

Pour le président de la FEB, Thomas Leysen (Umicore), la moisson devrait être bonne. "Certaines entreprises belges sont venues très tôt ici après 1989 et se sont imposées. C'est le cas du transporteur limbourgeois Essers avec 400 collaborateurs locaux et une flotte de 100 camions, c'est aussi le cas de Delhaize qui essaime à partir de Bucarest." Thomas Leysen pourrait en citer d'autres, mais l'heure est plutôt à la conquête de nouvelles alliances. "Il y a des marchés intéressants pour notre ingénierie, les sociétés de dragage ou encore dans le secteur de la construction et des infrastructures."

En guise d'illustration de cela et en présence d'Albert II, le holding Ecoterre (Dec-Deme) a signé un contrat avec le groupe Paunescu en matière d'assainissement des terrains, Tractebel s'est engagé pour sa part avec la ville de Brasov alors que la FEB annonçait un renforcement de ses liens avec son homologue roumaine; enfin, le centre d'études nucléaires de Mol a encore conclu deux accords avec deux institutions roumaines engagées dans le même secteur.

"Le ministre des Affaires économiques roumain que nous avons rencontré dans le cadre de la visite a levé certaines hypothèques" , ajoute Thomas Leysen qui s'est aussi réjoui d'avoir fait salle comble avec un forum sur les écotechnologies telles qu'elles sont mises en valeur par les entreprises, mais aussi par les universités belges.

Cela, c'est l'autre volet de la partie non protocolaire de la visite : ces dernières, fortes de la reconnaissance royale, sont aussi prêtes à s'investir toujours davantage. Pour les recteurs, un premier pas est franchi puisqu'une série d'Alma Mater locales sont venues à leur rendez-vous. Mais comme nous le faisait remarquer le presque nouveau recteur de l'UCL, Bruno Delvaux, "l'on est encore loin du potentiel de développement puisqu'une bonne centaine n'étaient pas présentes" . Cela, c'est aussi l'alchimie des visites royales : les recteurs se succèdent, mais leur bonne entente se transmet aussi. Après tout, ils ne font qu'appliquer cette bonne vieille devise nationale qui dit que l'union fait la force...

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