Cohn-Bendit fait ses adieux au Parlement européen, pour "prendre enfin du temps"
- Publié le 16-04-2014 à 13h56

Les projecteurs se sont éteints mercredi dans le grand hémicycle de Strasbourg sur la dernière session parlementaire européenne de Daniel Cohn-Bendit. Après quatre mandats de cinq ans, le turbulent président des Verts a décidé à 69 ans de "réorienter sa vie", de "prendre enfin du temps". Son discours d'adieu, empreint d'émotion, a été un vibrant plaidoyer pour une "Europe fédérale" et un appel à "se battre contre les idéologies eurosceptiques de droite et de gauche". Qui osera désormais lancer "L'Union européenne n'est pas un paillasson sur lequel on s'essuie les pieds", comme Cohn-Bendit l'avait rétorqué en 2012 au Premier ministre hongrois Viktor Orban, venu défendre une modification de la Constitution hongroise contraire aux règles européennes? Il avait également marqué les esprits en interpellant ironiquement le président français en 2013 d'un: "François, je t'ai compris, le changement c'est maintenant, alors allons y tout droit, chiche, banco".
Sa verve n'a pas épargné le Parlement. Il y a quatre ans, Daniel Cohn-Bendit avait ainsi fustigé la "coalition des hypocrites", à l'occasion du vote de confiance accordé à José Manuel Barroso pour un second mandat à la tête de la commission européenne. "Vous êtes tous contre ce budget pluriannuel, vous dites tous qu'il est mauvais, mais vous allez tous le voter. Vous êtes ridicules", avait-il aussi accusé en novembre.
Avant de tirer sa révérence, il a encore une fois dénoncé une entente passée entre les présidents des trois principales familles du Parlement (conservateurs, socialistes et libéraux) pour tenter de contrôler la désignation du prochain président de la Commission. "Il y aura une grande coalition et un petit toutou suivra le mouvement: Guy Verhofstadt", a-t-il prédit.
Le Parlement l'a souvent déçu: "La majorité des députés n'arrivent pas à se décider entre l'intérêt national et l'intérêt commun. (...) Le Parlement européen se cherche. Il n'est pas à la hauteur des défis, incapable d'être le contrepoids des politiques nationales", pointe-t-il.
"Après 20 années, j'ai envie de faire autre chose, écrire un livre sur l'identité juive, prendre du temps", assure-t-il. "Dany" va mener sa dernière campagne pour soutenir les Verts aux Européennes. "Mais le 31 mai, ciao ciao, je pars pour Rio, pour des reportages sur la coupe du monde de football".
