Avion militaire russe abattu: La Turquie veut calmer le jeu, la Russie pense qu'elle a "dépassé les limites"
M. Erdogan,a jugé "inacceptables" les critiques du Kremlin.
- Publié le 27-11-2015 à 14h16
- Mis à jour le 27-11-2015 à 15h02

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exprimé vendredi le souhait de rencontrer "en face à face" son homologue russe Vladimir Poutine au sommet sur le climat de Paris pour parler de l'incident aérien qui a opposé leurs deux pays. "J'aimerais rencontrer M. Poutine lundi en face à face à Paris pour parler", a déclaré M. Erdogan, "je ne voudrais pas que ce problème nuise à nos relations".
Les relations entre Ankara et Moscou traversent une grave crise depuis que l'aviation turque a abattu mardi un chasseur-bombardier russe Sukhoï Su-24 tout près de sa frontière avec la Syrie.
M. Erdogan a répété vendredi que l'armée turque "ne connaissait pas la nationalité" de l'appareil et qu'elle n'avait pas "délibérément abattu un avion russe", ne faisant qu'"appliquer les règles d'engagement" en vigueur.
Furieuse, la Russie accuse depuis l'incident la Turquie d'avoir partie liée avec l'EI et exige des excuses, que le président turc Recep Tayyip Erdogan a d'ores et déjà écartées.
Le président turc a en retour jugé "inacceptables" ces critiques et accusé Moscou de "jouer avec le feu" en soutenant le régime de Bachar al-Assad.
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a affirmé plus tôt que son pays allait "travailler" avec la Russie pour "apaiser les tensions", dans une tribune publiée vendredi dans le quotidien britannique The Times.
La Turquie a "dépassé les limites" en abattant un bombardier russe
La Turquie a "dépassé les limites" en abattant mardi un bombardier russe Su-24 près de la frontière syrienne, un incident qui a abouti à la mort de deux militaires russes, a déclaré vendredi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. "Nous estimons que les autorités turques ont dépassé les limites de ce qui est acceptable et risquent de placer la Turquie dans une position très difficile en terme d'intérêts nationaux à long terme", a-t-il déclaré.
"La Russie (...) continuera à fournir tout le soutien nécessaire à la Syrie dans la lutte pour la destruction du terrorisme", a ajouté M. Lavrov en prélude à ses entretiens avec son homologue syrien Walid Mouallem.
La Russie a annoncé jeudi préparer des mesures de rétorsion économique contre Ankara, tout en mettant en doute la sincérité de son engagement contre l'organisation État islamique (EI).
