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Notre reportage dans la ville de Kherson, libérée des Russes il y a un an : "Il nous reste nos mains et notre enthousiasme"

Le 11 novembre 2022, la ville de Kherson était en liesse. Après plus de 8 mois d'occupation russe, les quelque 70 000 habitants demeurés sur place malgré l'invasion célébraient leur liberté retrouvée. Un an plus tard, les rues sont désertées et la population survit en faisant preuve de solidarité alors que l'armée russe, tapie sur l'autre rive du fleuve Dnipro qui sépare la ville du reste de la région, n'a de cesse de pilonner les infrastructures civiles.

Virginie Nguyen Hoang
Des habitants de Kherson marchent devant un bâtiment résidentiel visé par un missile la veille. L'attaque a tué trois personnes et fait cinq blessés.
Des habitants de Kherson marchent devant un bâtiment résidentiel visé par un missile la veille. L'attaque a tué trois personnes et fait cinq blessés. ©VIRGINIE NGUYEN HOANG

Dans le sud de la ville de Kherson, le square Korabelna était auparavant un lieu de rendez-vous pour les familles et les amis souhaitant se rendre à la plage Hydropark, une zone de loisirs et récréation. Aujourd'hui, ce square déserté représente le dernier point de passage vers l'enfer de l'île de Korabel, qui a échangé son paysage paradisiaque pour un décor apocalyptique.

Déjà sous les feux de l'artillerie russe depuis la libération de Kherson, les habitants de ce petit district se sont également retrouvés inondés par la montée des eaux du Dnipro lorsque les troupes de Moscou ont fait exploser le barrage de Kakhovka. À chaque coin de rue, immondices et débris s'entassent, rendant parfois le passage difficile pour les quelques voitures qui osent s'aventurer dans le quartier. Cinq mois après les inondations, les rues n'ont pas encore été dégagées, tandis qu'une poignée d'habitants continuent à déblayer leurs maisons.

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