Guerre en Iran : 5 000 bombes, des drones problématiques et une frégate coulée
Cinq jours après le début des frappes, Israël et les États-Unis intensifient leur offensive contre l'Iran, qui poursuit ses contre-attaques.

- Publié le 04-03-2026 à 18h35
- Mis à jour le 04-03-2026 à 19h28

Au cinquième jour du conflit déclenché par Israël et les États-Unis contre l'Iran, les combats se sont poursuivis sur de multiples fronts. Mercredi, l'armée de l'air israélienne a ainsi affirmé avoir largué 5 000 bombes sur l'Iran depuis le début des frappes, ce samedi 28 février. Un déluge de fer qui a forcé les autorités de Téhéran à reporter les obsèques nationales de l'ayatollah Khamenei, initialement prévues mercredi soir, alors que le ministre de la Défense hébreu, Israël Katz, a averti que, sitôt le successeur du Guide suprême désigné, celui-ci deviendrait "une cible sans équivoque pour élimination".
Si Tsahal affirme avoir bombardé "des dizaines de cibles" iraniennes, le porte-parole de l'armée israélienne a néanmoins reconnu que Téhéran dispose toujours de "beaucoup de capacités" de tirs et que la défense d'Israël n'était pas totalement "hermétique".
Selon CNN, des responsables de l'Administration Trump auraient déclaré mardi, lors d'une réunion à huis clos au Capitole, que les drones d'attaque Shahed iraniens représentaient un défi majeur et que les défenses aériennes américaines ne seraient pas en mesure de tous les intercepter. Selon deux sources présentes à cette réunion, ces drones posent un problème plus important que prévu – ce qu'auraient reconnu le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le chef d'état-major interarmées, le général Dan Caine.
Un missile intercepté par l'Otan
De leur côté, les Gardiens de la révolution affirmaient mercredi avoir tiré plusieurs dizaines de missiles sur des cibles américaines et israéliennes, sans plus de précisions. Des explosions ont notamment été entendues à Jérusalem en fin d'après-midi.
En outre, un missile balistique tiré depuis l'Iran, qui se dirigeait vers l'espace aérien turc, a été détruit par les systèmes de défense de l'Otan positionnés en Méditerranée orientale, a affirmé mercredi le ministère turc de la Défense. Un responsable turc a estimé par la suite, sous couvert de l'anonymat, que le missile visait Chypre. À la suite de cet incident, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré à son homologue iranien lors d'un appel téléphonique que "toute mesure susceptible d'entraîner une escalade du conflit devait être évitée".
Une frégate coulée par un sous-marin
La bataille se joue aussi en mer. Tandis qu'un haut responsable des forces navales des Gardiens de la révolution, cité par l'agence Fars, affirmait que le détroit d'Ormuz était "sous le contrôle total" de la marine iranienne, Washington a annoncé de son côté qu'un sous-marin américain avait coulé une frégate de la marine iranienne. Les corps de 87 des 150 membres d'équipage ont été récupérés par la marine sri-lankaise.
Les frappes israéliennes se sont également poursuivies au Liban (lire aussi en page 5), à Beyrouth mais aussi sur les infrastructures énergétiques du Liban-Sud.
Alors que Pékin a fait part de son intention d'envoyer un émissaire pour apporter sa médiation au Moyen-Orient, un discours du chef du Hezbollah libanais, Naïm Qassem, était annoncé ce mercredi en soirée. Il semblait peu probable que ce dernier adopte des accents de pacification.