Le président mexicain a assis son pouvoir… par référendum
Andres Manuel Lopez Obrador s'est "offert" le droit de poursuivre son mandat jusqu'en 2024.
- Publié le 11-04-2022 à 22h04
- Mis à jour le 11-04-2022 à 22h05

Pari risqué, pari gagné pour le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, alias Amlo ! Le président de 68 ans a en effet gagné dimanche le droit de demeurer au pouvoir jusqu'à la fin prévue de son mandat en 2024, conforté par son succès (plus de 90 % en sa faveur) dans un référendum "révocatoire" qu'il a lui-même convoqué sur la question : "Êtes-vous d'accord pour révoquer le mandat du président pour perte de confiance, ou pour qu'il continue à la présidence de la République jusqu'à la fin de son terme ?"
Si le leader de la gauche nationaliste peut se targuer d'avoir remporté une belle victoire, les observateurs mettent en exergue le taux de participation particulièrement faible, flirtant à peine avec les 18 % des 93 millions d'inscrits (moins de 8 % des Mexicains s'étaient déplacés en août pour un précédent référendum sur d'éventuelles poursuites contre plusieurs prédécesseurs du chef de l'État).
Qu'importe pour Amlo, qui, lui, n'a pas manqué de souligner que "plus de 15 millions de Mexicains sont contents et veulent que je continue jusqu'en septembre 2024", imputant l'abstention au manque de bureaux de vote mis à disposition par l'Institut national électoral (INE).
Prolonger son pouvoir ?
Soupçonné par ses opposants de vouloir utiliser ce référendum pour se faire réélire en 2024, le président mexicain a démenti, affirmant : "Je suis démocrate. Et je ne suis pas en faveur de la réélection."
La loi mexicaine prévoit un seuil de participation de 40 % pour que le résultat de ce type de référendum, inscrit dans la Constitution par Amlo en 2019, soit contraignant pour les pouvoirs en place. En d'autres termes, même si le "non" l'avait emporté dimanche, le président n'aurait pas légalement été obligé de démissionner.
En trois ans, le gouvernement mexicain a considérablement augmenté le salaire minimum, tout en maintenant une politique d'austérité budgétaire, alors que la pandémie de Covid faisait près de 325 000 morts. Le Mexique a été l'un des seuls grands pays à maintenir ses frontières ouvertes, sans restrictions.